C’est une rencontre presque fracassante. Celle de la justice, raide, souvent froide, dont le fondement est la loi avec un grand L.

Et puis, voilà qu’arrive à la barre le monde des artistes, revendiqués comme tel. Avec leurs extravagances - « sa liberté c’était moi » assène François-Marie Banier à propos de Liliane Bettencourt - , leurs cours d’histoire de l’art à la barre – « Eugène Cuvelier est ce qu’on appelle un photographe primitif » raconte Martin D’Orgeval - , leurs doutes – « pendant quelques années, je me suis cherché, j’ai expérimenté un certain nombre de choses » poursuit-il.

Alors, bien sûr, la rencontre des deux univers, ces deux mondes qui se font face donne lieu à des scènes tantôt cocasses, tantôt théatrales :

« Quel intérêt à garder des tableaux dans des coffres ? demande le président à François-Marie Banier.

« Mais parce que l’œil s’use. On les mets dans des coffres pour les revoir. Je ne vais pas accrocher mes tableaux les uns sur les autres. »

François-Marie Banier qui ose même : « Puis-je faire un mot d’esprit ? » à propos du PDG de Lindsay Owen-Jones. « Il a été fait sir [sœur si on le prononce à la française], mais c’est un faux frère ». Silence dans le prétoire. Dans la salle, les amis du photographe pouffent.

Puis arrive un Jean-Michel Ribes haut en couleurs, presque amusé. Et qui ne se prive pas de jouer de la théâtralité du lieu. Chapeau violet posé devant lui, il raconte telle pièce sur l’histoire de travestis, telle conversation artistique.

S’il n’était pas question d’abus de faiblesse et de blanchiment, la scène serait tout simplement drôle.

► ► ► DOSSIER |Suivez l'audience en direct, comprenez les enjeux du procès

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.