La cour par Mathilde Beaufils
La cour par Mathilde Beaufils © Esba TALM - Angers

De la mort, on ne sait rien. C’est un peu ce qu’est venu nous dire à la barre le médecin Michel André

Anesthésiste-réanimateur en milieu hospitalier “en pré-retraite” entend déconstruire à la barre notre imaginaire face à la mort : “il n’y a pas de définition de la mort. Elle se constate. Et ce constat n’est effectué que par une seule personne : un médecin.”

Car, poursuit celui qui a appris son métier à Nicolas Bonnemaison : “les représentations de la mort sont assez différentes de la réalité médicale. Pour la plupart d’entre nous, la mort est brutale et définitive, elle est matérialisée dans les séries américaines par le tracé plat sur le scope et l’alarme qui se déclenche. En réalité, ce n’est pas le cas, c’est un processus qui s’installe assez lentement.”

Michel André par Matthieu Boucheron
Michel André par Matthieu Boucheron © Esba TALM - Angers

Sur l’agonie, l’extrême fin de vie, les troubles respiratoires, les gasps éventuels dont on a tant parlé durant ce procès, Michel André ne dit rien. Il évoque plutôt les “500 000 décès chaque année en France, dont la moitié à l’hôpital public qui pourtant l’hôpital ne considère pas que la prise en charge de la mort fait partie ni de ses missions, ni de ses priorités.”

De Nicolas Bonnemaison, Michel André finalement dit finalement peu de choses. Quand Me Dupin évoque ce jour où son client a comparu devant la chambre disciplinaire du conseil de l’ordre, il reconnaît être l’”homme qui s’est mis à pleurer au fond de la salle.“

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