La tâche est forcément ardue. Celle de plaider pour un absent. Celle de défendre un homme dont la seule idée qu’on a pu se faire provient des éléments du dossier lus à l’audience. Pas forcément valorisant. Alors, Me Anne-Jessica Fauré a avant tout voulu rappeler que son client, lui aussi, est aujourd’hui quelqu’un de vulnérable.

Il a beaucoup été question d’état de faiblesse et de vulnérabilité dans ce dossier. Une triste coïncidence veut que cet état de faiblesse concerne également l’un des prévenus. Carlos Vejarano souffre, lui aussi, d’une maladie dégénérative du cerveau à un stade avancé et, parallèlement, d’une tumeur au cerveau.

Carlos Vejarano a fait l’objet d’une extrême sévérité. Monsieur le procureur a dit de Carlos Vejarano qu’il était un hidalgo bronzé. C’est intéressant, une sorte de délit de belle gueule. Monsieur le procureur a indiqué qu’il était « peut-être au Mexique ». Il n’a pas poussé l’indécence de dire que Monsieur Vejarano ne serait peut-être pas malade, l’avocat des parties civiles s’en est chargé. C’est indécent. Je n’aurais pas pensé qu’on puisse mettre en doute la parole de quelqu’un qui souffre d’une atrophie du cerveau, qui a des troubles du comportement avec un comportement totalement désinhibé, à tel point qu’il ne peut que répéter les mots qu’on lui suggère. Cet homme qui revoit chaque jour les mêmes épisodes d’Hercule Poirot et n’a pas d’autre loisir que de promener son chien est effectivement très loin de ce procès.

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