L'assassinat d'Hélène Pastor est jugé devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Les débats sont prévus pour durer un mois.

Hélène Pastor a été abattue à Nice le 6 mai 2014, tout comme son chauffeur.
Hélène Pastor a été abattue à Nice le 6 mai 2014, tout comme son chauffeur. © Maxppp / SEBASTIEN NOGIER

Dans le box, il y a dix accusés poursuivis pour avoir planifié, organisé ou participé à la fusillade qui a coûté la vie à cette riche héritière monégasque et à son chauffeur le 6 mai 2014, alors qu'ils sortaient d'un hôpital à Nice. 

Pour l'accusation, c'est le gendre d'Hélène Pastor qui a commandité le crime, en rémunérant son coach sportif pour qu'il recrute les tueurs. Mobile de cet assassinat : Janowski aurait voulu bénéficier de l'immense fortune des Pastor, estimée à 12 milliards d'euros. 

C'est un assassinat digne d'une mauvaise série télé. Il n'a fallu que quelques semaines aux enquêteurs pour résoudre l'énigme de ce crime d'amateur pour lequel les auteurs présumés n'ont pas pris la moindre précaution

En agissant à visage découvert, en abandonnant des traces d'ADN et en utilisant des téléphones portables, ceux qui ont tué Hélène Pastor et Mohamed Darwich ont signé le crime. 47 jours plus tard, les policiers interpellaient tous les protagonistes de cet assassinat : ceux qui ont tué, ceux qui ont préparé, et celui qui est aujourd'hui accusé d'avoir commandité le crime. 

"Il allait se retrouver à la rue"

Selon l'accusation, Wojciech Janowski, 69 ans aujourd'hui, compagnon de la fille d'Hélène Pastor, aurait voulu récupérer la part d'héritage que Sylvia aurait perçu au décès de sa mère. Car si Janowski est à la ville un grand homme d'affaires, il est apparu que les entreprises qu'il possède sont au bord du gouffre. Et les 500 000 euros mensuels qu'Hélène Pastor versait chaque mois à sa fille et que Janowski gérait lui-même, ne lui suffisaient plus

En 2012, quand Sylvia déclare un cancer, il prend conscience qu'en cas de décès de sa compagne, "il allait se retrouver à la rue" écrit le juge Christophe Perruaux, "lui, le polonais venu sans le sous en Principauté, qui travaillait depuis des années à se donner une image d'homme d'affaire"

Ainsi avec la disparition de sa belle-mère, poursuit le magistrat instructeur, il pouvait espérer prendre le contrôle d'une part importante de la fortune des Pastor, notamment propriétaire de plus de 90 000 m² de bureaux sur le rocher.

120 000 euros de budget

C'est dans ce contexte que Janowski, toujours selon l'accusation, va réussir à convaincre son coach sportif de monter le coup en le persuadant peu à peu, pendant des mois, que sa belle-mère est un monstre. 

Pascal Dauriac, qui n'a jamais trempé dans le moindre délit, va à son tour convaincre son beau-frère d'aller trouver des hommes de main pour monter le coup. Il touchera 30 000 euros et disposera de 90 000 autres pour rémunérer les intermédiaires et les exécutants. 

Quand, six semaines après le double assassinat, tout ce petit monde est interpellé, les langues se délient en garde à vue. Et ceux qui passent aux aveux livrent des versions qui correspondent aux détails déjà recueillis dans l'enquête. 

C'est le coach sportif des Janowski, Pascal Dauriac, qui sera le plus précis, le plus sincère. Mais une semaine après, coup de théâtre : Wojciech Janowski se rétracte. Il conteste avoir commandité le double assassinat, expliquant qu'il n'avait pas compris "toutes les nuances du français" quand il a reconnu les faits. 

D'ailleurs cette question sera de nouveau abordée devant la cour d'assises : les avocats de Janowski, Maître Eric Dupond-Moretti en première ligne, estimant que leur client n'a pas eu accès à un interprète, ni même à un avocat à certains moments de la garde à vue, à cause d'une grève de la profession.

Chantage ?

Depuis ses rétractations, Janowski charge son coach d'avoir organisé l'assassinat de sa belle-mère et de son chauffeur. Dauriac aurait exercé sur lui un véritable chantage en lui extorquant des sommes considérables depuis de nombreuses années et en le menaçant de s'en prendre à sa famille s'il ne s'exécutait pas. Sur cette version, les enquêteurs n'ont pas découvert le moindre élément qui pourrait la confirmer. 

Dans le box des accusés de ce procès, il y a également quatre hommes et une femme qui ont participé d'un peu plus loin à l'entreprise criminelle. Parmi eux, un gendarme qui avait renoncé au projet mais avait fourni les munitions, un faux-témoin qui avait tenté maladroitement d'innocenter Janowski. Ainsi qu'une avocate, la nièce de Janowski, soupçonnée d'avoir rémunéré le faux-témoin. 

Les six principaux accusés risquent une peine de réclusion à perpétuité. 

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.