Alors que la journée d'audience a été particulièrement riche en émotions, la question du port du masque s'est encore invitée dans les débats, avec la saillie d'un avocat, jugée honteuse par certains.

Le port du masque fait beaucoup parler de lui au procès des attentats des attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et de Montrouge.
Le port du masque fait beaucoup parler de lui au procès des attentats des attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et de Montrouge. © AFP / Marie Magnin

C’est décidément l’un des débats récurrents de ce procès. Car tout historique qu’il soit, il se déroule en pleine crise sanitaire mondiale. Alors c’est d’abord intégralement masquée que s’est ouverte l'audience le 2 septembre dernier. Oui mais voilà, dès les premières prises de parole, on a vu les masques tomber.Pour être mieux compris”, expliquaient les avocats concernés. Rappel à l’ordre à la reprise de l’après-midi. Puis débat soulevé par une avocate de la défense, Me Beryl Brown : “Vous allez juger un homme dont vous ne voyez pas le visage ?” interroge-t-elle.

Le lendemain, jeudi 3 septembre, la question marque la reprise des débats. Une dérogation est accordée aux avocats, accusés et témoins "pour ceux qui le souhaitent, lors de leur prise de parole" indique le président Régis de Jorna. Certains soupirent d'aise, d'autres s'inquiètent des conséquences sanitaires. L'audience se poursuit. 

Le retour du masque

C'était sans compter sur un nouveau revirement, ce lundi matin, à l'ouverture de la deuxième semaine de procès. Afin d'appliquer une circulaire gouvernementale, précise le président, aucune dérogation ne sera plus acceptée. Retour au "tous et toujours" masqués donc. 

Et puis vient, en ce lundi très lourd en émotions, le moment où Me Jean Chevais, avocat de la défense se lève à son tour pour interroger l'enquêteur venu rendre compte du travail de police après l'attentat de Charlie Hebdo. Il abaisse son masque, mais se fait reprendre immédiatement par le président. 

"Puisque c'est comme ça, demain je viendrai avec une burqa"

"Maître, s'il vous plait, remettez votre masque." "Oui, mais moi je n'arrive pas à parler sinon" se justifie l'avocat. "Maître, c'est la même chose pour tout le monde" le sermonne encore le président de la cour d'assises spécialement composée. L'avocat rechigne encore. Puis lâche : "Puisque que c'est comme ça, demain je viendrai avec une burqa". La salle s'indigne. 

Dans les couloirs, à l'issue de l'audience, certains avocats ne décolèrent pas sur l'attitude de leur confrère : "indigne", "tellement petit". Déciment, le port du masque est une question à part entière de ce procès.

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