Le ton est parfois tranchant, mais toujours posé. Denis Roucou, 55 ans, préside le tribunal qui juge pendant cinq semaines les dix hommes poursuivis pour abus de faiblesse. Cheveux et bouc poivre et sel, fines lunettes, le magistrat maîtrise parfaitement son audience. On avait déjà apprécié son ton mesuré lors du procès des parents de la petite Marina, en juin 2012, devant la cour d’assises de la Sarthe. Un procès lourd en émotions où le juge avait réussi, par son ton ferme mais sans accents moralisateurs, à libérer la parole du père de la petite fille martyr.Face à François-Marie Banier, le magistrat paraît parfois un peu raide, saisi d’incompréhension face à cet artiste qui préfère mettre ses tableaux au coffre plutôt que de les exposer. Mais il sait aussi user à l’occasion d’un humour pince sans rire très british.

Le président :- Pourquoi, dans vos écrits, dites vous « le nain Bergé » ?

François-Marie Banier :- Et pourquoi pas ? Où est la liberté de l’écrivain ? On l’a dit aussi de Nicolas Sarkozy, ça n’a pas gêné!

Le président :- Il n’est plus dans le dossier. (Rires)

(L’ancien président de la République, un temps mis en examen pour abus de faiblesse, a bénéficié d’un non-lieu.) Enfin, dernière qualité de Denis Roucou, et non des moindres : il laisse les journalistes « live-tweeter » en paix.

► ► ► DOSSIER |Suivez l'audience en direct, comprenez les enjeux du procès

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.