Dans son rapport annuel sur la peine de mort dans le monde, Amnesty International a recensé au moins 690 exécutions dans 20 pays en 2018, presque un tiers de moins qu'en 2017. Un chiffre qui ne prend pas en compte la Chine, où l'organisation estime le nombre d'exécutions à plusieurs milliers.

Manifestants contre la peine de mort en Thaïlande en juin 2018
Manifestants contre la peine de mort en Thaïlande en juin 2018 © AFP / Romeo Gacad

Les années passent, et certains pays restent des adeptes convaincus de la peine capitale. Pékin est toujours cette année le plus mauvais élève de ce macabre classement, avec un nombre d'exécutions  qu'on ne peut que deviner avec des bribes d'informations, les données sur le sujet étant toujours classées secret d'État. Amnesty évoque "plusieurs milliers d'exécutions" chaque année en Chine suite à des condamnations à mort.

Si l'on ne compte pas la Chine, quasi "hors-concours", quatre pays sont responsables de près de huit exécutions sur dix dans le monde : l'Iran, l'Arabie saoudite, le Viêt-Nam (qui a pour la première fois fourni des données officielles sur la question) et l'Irak. Avec plus de 253 exécutions en un an, l'Iran est deuxième du podium, même s'il s'agit du plus faible nombre d'exécutions depuis 2010 dans le pays.

Sur le long terme, la tendance semble aller vers un recours de plus en plus limité à la peine de mort. Au total, en-dehors de la Chine, Amnesty International a compté 690 exécutions dans 20 pays en 2018, contre 993 l'année précédente. Un chiffre historiquement bas, jamais atteint depuis 2008.

La peine de mort recule, malgré des irréductibles

Cette baisse constante depuis 2015 s'explique notamment par la baisse du nombre d'exécutions dans les pays qui en pratiquaient le plus, comme l'Iran. Mais aussi par le nombre croissant de pays ayant aboli la peine de mort pour tous les crimes de leur législation (106 pays dans le monde). Au total, 142 pays sont abolitionnistes en droit ou en pratique (peine de mort abolie ou jamais appliquée).

Les États-Unis sont toujours le seul pays du continent américain à pratiquer des exécutions, pour la dixième année consécutive, avec une légère augmentation du nombre de condamnations à mort (45) et d'exécutions concrètes (25). Dans l'État du Texas, le nombre d'exécutions a presque doublé (de 7 à 13) en un an.

D'ailleurs, si la tendance mondiale va vers une diminution des condamnations et des exécutions, l'inquiétude vient des cas particuliers de pays qui vont "à contre-courant" selon Amnesty International. L'organisation cite ainsi l'exemple de la Thaïlande, qui a procédé à une exécution en 2018, la première depuis 2009. Et s'inquiète également d'une vaste augmentation des condamnations à mort (qui pourraient mener à des exécutions massives en 2019 si elles sont suivies d'effet) en Égypte ou en Irak.

Des irréductibles de plus en plus minoritaires : en 2018, seuls 20 pays ont pratiqué des exécutions. C'est trois de moins qu'en 2017, et 11 de moins qu'il y a 20 ans.

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