Le procès d'Alexandre Benalla, Vincent Crase, Laurent Simonin et Maxence Creusat s'est terminé vendredi, devant le tribunal correctionnel de Paris. Invité à prendre une dernière fois la parole, l'ex-chargé de mission de l'Élysée a tenu à s'expliquer sur son comportement après les faits et à présenter des excuses.

Le procès d'Alexandre Benalla s'est terminé ce vendredi.
Le procès d'Alexandre Benalla s'est terminé ce vendredi. © AFP / Thomas Coex

Il est plus de 20h30, voilà sept heures que les avocats de la défense plaident pour leurs clients, dans cette grande salle du deuxième étage du palais de justice de Paris où se tient le procès d'Alexandre Benalla, Vincent Crase, Laurent Simonin et Maxence Creusat. Dont les trois dernières heures pour le principal prévenu, défendu par Charles Chambenois et, la majorité du temps, une Jacqueline Laffont dont l'énergie force l'admiration, à peine s'arrête-t-elle pour boire un peu d'eau au cœur de ses deux dernières heures d'intervention. Mais les talents d'oratrice de l'avocate ne changent rien au fait qu'il est tard, que c'est vendredi soir, la salle se vide, la lassitude se lit sur les visages.

Comme le veut l'usage, avant de clore l'audience, la présidente invite les quatre prévenus à dire un dernier mot s'ils le souhaitent. Les trois premiers déclinent. Chacun commence à ranger ses affaires. "Oui, j'aimerais dire quelque chose", annonce alors Alexandre Benalla. "Je m'en doutais", sourit Isabelle Prévost-Desprez. Le trentenaire se lance. Il a visiblement préparé ce qui semble devoir être sa propre plaidoirie. 

"J'ai toujours voulu bien faire"

"Un jour, un ami m'a dit 'parfois, il faut se mettre au balcon et se regarder passer dans la rue. Il y a une phrase que vous avez prononcée, madame la présidente, et que je trouve assez juste. Quand on lit mes auditions, on se demande 'Il se prend pour qui ?', et je pense que c'est quelque chose qui m'a fait défaut", juge le prévenu, qui a, tout au long de son procès, semblé avoir une réponse toute trouvée à tout. Mais le trentenaire tient à s'en expliquer : 

Quand vous perdez tout, il vous reste la volonté de garder la tête haute, ce souhait de garder une dignité peut passer pour de l'arrogance.

"Est-ce que je suis un ange ? Je ne pense pas", admet Alexandre Benalla, visiblement ému. Il dit "ne pas être dans la norme, dans les règles en permanence". Mais insiste : "Est-ce que ça fait de moi un délinquant ? J'ai toujours voulu bien faire. C'était une volonté d'être au service, je ne me suis jamais servi. Est-ce que j'ai eu une erreur de jugement le 1er mai ? Sans aucun doute, il fallait rester à sa place."

"Naufrage Benalla"

Après un bref silence, toujours droit, à la barre, dans son costume, il dit avoir encore trois choses à dire. D'abord, "un aveu": son téléphone portable qui a disparu, "il n'a jamais été perdu, oui j'ai menti", reconnaît celui qui affirmait mordicus le contraire au début du procès. Des regrets, aussi, pour ces trois co-prévenus : "J'espère que ces personnes pourront rebondir assez rapidement". Des excuses, enfin, envers "la trentaine de personnes qui se sont échouées dans le naufrage Benalla".

L'audience se termine sur ces mots. Et sur un geste. Avant de quitter la salle, Alexandre Benalla se dirige vers le banc des quelques parties civiles encore présentes, sert la main à deux d'entre elles, dont Georgios D.  le jeune homme de la place de la Contrescarpe. Une poignée de main sans plus d'échange. Le trentenaire saura le 5 novembre s'il a réussi à convaincre la justice que, ce 1er mai 2018, en l'interpellant à la place des policiers, il a simplement "voulu bien faire".