Me Merlet nous l’a répété souvent au fil des débats : Liliane Bettencourt et François-Marie Banier se sont échangé des milliers de lettres. Des lettres que la milliardaire écrivait au feutre vert. Dans le cadre de la procédure, les enquêteurs ont également découverts d’autres courriers. Ceux, notamment, que Liliane Bettencourt avait laissés scellés chez son notaire, à ouvrir après sa mort. A la barre, Me Laurent Merlet lit ainsi le courrier d’une mère à sa fille.

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Samedi 24 mai 03.

Françoise, si tu lis cette lettre, cela veut dire que je ne suis plus vivante. Mais tu restes ma fille dans la mesure où tu hérites d’une fabuleuse fortune que j’ai préservée et allégée d’impôts pour que tu sois en paix.

A moi maintenant de te dire que je désire rester où je suis en paix.

C'est-à-dire que ce que je te demande tu le feras – et j’en suis convaincue.

J’ai connu par François-Marie d’Arros, mon île aux Seychelles détenue par un Anstalt du Liechtenstein dont le papier est dans la main de Maître Merck, notre avocat à Genève – et je désire que tu transfères la propriété de cette île à François-Marie Banier.

(…) A Genève tu auras un milliard de francs [soit 150 millions d’euros] tu donneras à François-Marie la moitié, il te restera beaucoup d’argent. N’oublies pas que tu as Neuilly, New-York et puis… L’Oréal.

Je n’ai jamais discuté tes choix, ne discutes pas les miens. Un jour tu m’as beaucoup blessée par ce que tu m’as dit que je n’aimais pas Jean-Pierre parce qu’il était juif. J’ai été très entourée de juifs dans ma vie affective et plus tard aussi. Tu as dû même t’en rendre compte. Depuis quinze ans mon meilleur ami a été François-Marie Banier que tu as écarté comme tous mes amis. Cette possessivité plus grande que celle de ton père qui comprend mieux, n’a pas changé les choses entre nous, et cela remonte avant François-Marie. Mais ce n’est pas l’heure de faire des comptes… mais de bien se comporter. Tu es la fille que j’ai aimée (…)

Ce n’était pas facile. Si un jour tu veux savoir ce que [un mot illisible] des choses, des gens des affaires. Tu pourras en parler à François-Marie. Il n’a jamais essayé de m’influencer mais j’ai eu un soutien. C’est pourquoi je veux lui laisser cette partie de moi qui m’appartient. Je t’embrasse (…) Ta maman ».

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