Une usine sous-traitante de Samsung, en Chine (Illustration)
Une usine sous-traitante de Samsung, en Chine (Illustration) © MaxPPP

Samsung (en France et en Corée) attaqué par deux ONG. Sherpa et I'association de consommateurs de la CGT Indecosa poursuivent en justice le géant du High-tech. Une citation à comparaitre a été envoyée hier au tribunal correctionnel de Bobigny pour "pratiques commerciales douteuses".

Samsung se prévaut d'une éthique exemplaire (notamment sur son site internet), mais selon ces ONG, les usines qui produisent ses téléphones en Chine auraient depuis plusieurs années violé le droit dans le traitement de leurs employés. C'est sur ce "grand écart" présumé, qu'elles attaquent.

Samsung, contacté hier soir, dit ne pas avoir encore reçu cette citation et attend d'en prendre connaissance pour, éventuellement, réagir.

Saisie d'écran des engagements éthiques de Samsung sur le site internet de l'entreprise
Saisie d'écran des engagements éthiques de Samsung sur le site internet de l'entreprise © Radio France / Marie Mutricy

Des enfants ouvriers ?

C'est une ONG chinoise qui a fourni les éléments du dossier. Elle dit s'être infiltrée dans une usine qui travaille pour Samsung. Sur une vidéo tournée en caméra cachée, on voit un employé expliquer que non, il n'est pas majeur.

Dans cette vidéo, l’ONG China Labor Watch a réussi à faire témoigner des jeunes qui travailleraient dans une usine sous-traitante de Samsung . On entend une enquêtrice leur demander si l’usine a vérifié leur carte d’identité. « Non », répondent les jeunes gens qui expliquent être nés en 1998. La vidéo est tournée le 1er juillet 1994. Ils ont donc 15 ans, puisque leur anniversaire ne s’est pas encore déroulé.

Dans son édition Asie, le Wall Street Journal interviewe un responsable new-yorkais de l’ONG China Labor Watch (en anglais) :

« Ce que nous avons découvert, en plus du travail des enfants, c’est qu’ils faisaient des journées de 11 heures, des heures de nuit, qu’ils n’étaient pas payés selon la loi, ni de la même manière que les adultes. Même les adultes ne sont pas payés au niveau requis par la loi. Les heures supplémentaires ne sont pas payées. Ils n’ont pas de formation de sécurité alors qu’ils travaillent avec des matières chimiques (…) ». La journaliste reprend et demande l’âge exact des enfants rencontrés par les enquêteurs de l’ONG. Le représentant de China Labor Watch précise : « Ils avaient 14 ou 15 ans. En Chine, un travailleur mineur, c’est un enfant qui n’a pas encore 16 ans, selon la loi ».

Pourquoi attaquer pour "pratiques commerciales trompeuses"

Marie Laure Guislain, est responsable du contentieux chez Sherpa. Elle a rédigé la citation à comparaitre. Pourquoi l'ONG attaque sur les "pratiques commerciales douteuses" et pas directement pour violation des droits humains ? Parce qu'il existe un vide juridique dit elle. Pour la directrice de Sherpa, Laetitia Liebert, c'est, en l'absence de loi, par la société civile que doivent se mener les actions. Par cette action, elle cherche en fait aussi, à alerter le consommateur.

Samsung, contacté hier soir, dit ne pas avoir encore reçu cette citation et attend d'en prendre connaissance pour, éventuellement, réagir.

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