Débarquement du Tribal Kat à La Seyne-sur-Mer
Débarquement du Tribal Kat à La Seyne-sur-Mer © MaxPPP / Dominique Leriche

Le procès de l’affaire du "Tribal Kat" s’est ouvert ce mardi devant la Cour d’Assises de Paris. En septembre 2011, le catamaran avait été attaqué par des pirates somaliens dans le golfe d’Aden. Un Français avait été tué.

Christian et Evelyne Colombo avaient réalisé leur rêve : passer leur retraite en tête-à tête sur un bateau, et faire le tour du monde. Ils avaient vendu tout ce qu’ils possédaient, y compris leur villa dans le Var, et s’étaient acheté un catamaran de 17 mètres, le Tribal Kat.

Mais en septembre 2011, le voyage vire au cauchemar alors qu’ils naviguent dans le golfe d’Aden. Des Somaliens lourdement armés attaquent leur bateau dans l’espoir d’obtenir une rançon. Christian Colombo, 55 ans, est tué et jeté à la mer par ses assaillants. Son épouse est prise en otage, avant d’être libérée 48 heures plus tard par la marine espagnole.

Plus de quatre ans plus tard, sept des neuf pirates somaliens se retrouvent donc dans le box des accusés à Paris (deux avaient été tués lors de l’intervention des forces de l’ordre).

"Ni haine, ni vengeance ", mais une quête de vérité

Entourée de ses deux filles, Evelyne Colombo a été parcourue de frissons ce mardi, quand les meurtriers présumés de son mari sont entrés dans la salle du tribunal. Le premier face à face a été éprouvant. Son avocat, Maître Lionel Moroni, explique que sa cliente ne ressent "ni haine, ni vengeance ", mais espère que "les responsabilités seront distribuées de façon juste ".

Les sept pirates, âgés de 20 à 35 ans, tous vêtus de survêtements en nylon, ont l’air presque inoffensifs et ressemblent à de simples footballeurs du dimanche. Ils se présentent comme des pêcheurs, des chauffeurs de taxis, des manutentionnaires à qui l’on a proposé une mission en mer dont ils ignoraient la nature. Ils expliquent que ce sont les meneurs du groupe, tués pendant l’assaut, qui ont assassiné Christian Colombo.

Cette version choque la famille du skippeur. Elle attend la vérité. Les proches du navigateur disparu ont même créé une page Facebook, où l’on voit Evelyne recroquevillée dans une barque de pêcheur avec une kalachnikov sur la nuque.

Le procès doit durer trois semaines. C’est le quatrième procès en France pour des faits de piraterie, et sans doute le dernier.

Compte-rendu d'audience de Cécilia Arbona.

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