Les policiers, ici en patrouille, effectuent quotidiennement des contrôles
Les policiers, ici en patrouille, effectuent quotidiennement des contrôles © MaxPPP

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire vendredi après une plainte déposée par dix-huit adolescents. Ces jeunes du XIIe arrondissement de Paris accusent ces policiers de violences, agressions sexuelles et insultes racistes à leur encontre.

Cette plainte a été déposée ce jeudi et elle concerne une dizaine de policiers du commissariat du XIIe arrondissement de Paris.

Ces jeunes,âgés de 14 à 18 ans, disent avoir été victimes de "violences volontaires aggravées", "agression sexuelle aggravée", "discrimination", "séquestration" et "abus d'autorité", des faits commis entre l'été 2013 et l'été 2015.

Parmi eux, certains adolescents racontent que des agents leur mettaient "des doigts dans les fesses", d'autres qu'ils avaient été "contraints de se déshabiller" devant les policiers, d'autres encore qu’ils ont été "gazés au visage avec de la bombe lacrymogène".

"Singes", "vieille tête de noire"

Des insultes racistes auraient également été prononcées : "Singes", "vieille tête de noire", "Libanais de merde" selon ces adolescents. Ils parlent aussi de coups de poings au visage, dans les côtes ou dans le dos.

"Les faits relatés sont d'une extrême gravité. S'ils devaient être avérés, il conviendrait de les sanctionner avec la plus grande fermeté", a expliqué Catherine Baratti-Elbaz, maire du XIIe arrondissement. «Les politiques se sont engagés à lutter contre la discrimination raciale et sociale. Rien n'a été fait. Nous sommes aujourd'hui obligés d'aller en justice pour faire respecter leurs droits", a regretté l’avocat des adolescents Slim Ben Achour.

La "police des polices" est saisie

"Des éducateurs se sont rapprochés du commissariat pour évoquer ces problèmes , la mairie a été avertie. Ces démarches de médiation n'ont rien donné et il y a même eu des représailles des policiers sur certains jeunes", a-t-il poursuivi. "La mairie a été avertie qu'il y avait des problèmes entre la police et des jeunes, mais pas des faits aussi graves", a précisé un porte-parole de la mairie du XIIe arrondissement. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", est saisie.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.