Elle est souriante, jolie, élégamment vêtue d’une veste de tailleur sombre sur chemise blanche – probablement pour l’occasion. Du haut de ses 29 ans, Emeline Delay apparaît sur l’écran de visioconférence de la cour d’assises pour mineurs de Rennes. Elle est l’une des filles aînées de Thierry Delay. Ses parents se sont séparés peu de temps après sa naissance : « je n’ai pas souvenir d’avoir vécu avec mon père », précise-t-elle.

« Ce que je sais c’est que je n’ai jamais rien vu, je n’ai rien entendu et que je n’ai rien subi. », explique d’emblée la jeune fille.

« Quel était le climat à la maison ? », l’interroge le président.

  • C’était un peu particulier avec ma belle-mère [Myriam Badaoui]. Parfois elle essayait un peu de me monter contre mon père. Elle me disait qu’il était violent, mais moi j’en avais pas la preuve …

  • Vous n’avez jamais été abusée sexuellement par votre père ?

  • Non

  • Comment expliquez-vous que vos demi-frères vous ont désigné comme victime ?

  • C’est la question que je me suis toujours posée. J’aurais eu quelque chose, je n’aurais pas caché ça.

Emeline Delay n’est allée chez son père que deux fois en dix ans : quinze jours pendant l’été.

A la barre, Cherif et Jonathan ont pourtant tous deux confirmé se souvenir d’Emeline comme l’une des victimes de sévices sexuels.

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