Après des révélations de l'émission Quotidien et du quotidien Le Monde, le ministère des Armées a confirmé jeudi soir la mise en examen de deux anciens agents des services secrets français. Des membres retraités de la DGSE qui sont soupçonnés de trahison, tout comme la compagne de l'un des deux agents.

C'est la DGSE elle-même qui a informé le procureur de Paris de soupçons de trahison de ses anciens agents.
C'est la DGSE elle-même qui a informé le procureur de Paris de soupçons de trahison de ses anciens agents. © AFP / MARTIN BUREAU

"Intelligence avec une puissance étrangère". Le ministère des Armées a publié jeudi soir un communiqué confirmant en partie des révélations de nos confrères de Quotidien et du journal Le Monde. Deux anciens agents de la DGSE, les services secrets français, ont été mis en examen le 22 décembre 2017 et placés en détention provisoire.

Ces deux retraités de la DGSE sont mis en examen des chefs de "livraison à une puissance étrangère d'informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation", "intelligence avec une puissance étrangère portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation", "collecte d'informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation en vue d'une livraison à une puissance étrangère", "compromission du secret de la Défense nationale par une personne dépositaire du secret de la Défense nationale". L'un d'eux a également été mis en examen du chef de "provocation directe au crime de trahison."

Une troisième personne  a été mise en examen pour "chef de recel des crimes et délits de trahison" et placée sous contrôle judiciaire. Le ministère des Armées a précisé, jeudi soir, dans un communiqué, qu'il s'agit de la compagne de l'un des deux ex-agents.

Au profit de la Chine ?

Les confirmations du ministère des Armées s'arrêtent là, le communiqué n'ayant pas indiqué le pays bénéficiaire (Quotidien évoque un agent en poste à Pékin) ni la teneur des renseignements fournis. Mais des sources proches du dossier confirment qu'ils sont bien soupçonnés d'avoir travaillé pour la Chine.

Cette intrusion majeure au sein de l'appareil d'Etat a été révélée dans le cadre d'une enquête menée par un autre service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), affirment les deux médias.

Mais selon le ministère de la Défense, autorité de tutelle de la DGSE, c'est cette dernière qui a elle-même découvert le pot aux roses.  "Ces agissements d'une extrême gravité ont été détectés par ce service qui a porté à sa propre initiative ces faits à la connaissance du procureur de Paris", selon le ministère.   La DGSI dépend elle du ministère de l'Intérieur.

Les faits reprochés "constituent un point d'attention majeur pour la DGSE comme pour tous les services de contre-espionnage français, qui font preuve d'une très grande vigilance dans la détection et l'entrave de ces menaces", a souligné le ministère des Armées sans plus de précisions.

Les agents incriminés risquent au moins dix ans d'incarcération, Quotidien évoquant une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de réclusion.

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