L’ex-numéro 2 de la PJ de Lyon, commissaire star de la police française, écope de trente mois de prison pour corruption.

Michel Neyret (à droite) est condamné à deux ans et demi de prison ferme
Michel Neyret (à droite) est condamné à deux ans et demi de prison ferme © Maxppp / IP3 PRESS/MAXPPP

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi l'ancienne star déchue de la police Michel Neyret à deux ans et demi de prison ferme pour corruption. La sentence met ainsi un point final à la trajectoire flamboyante de l’ancien policier, patron de la PJ lyonnaise pendant près de 20 ans, dont la réputation a volé en éclat à cause d’une ligne jaune franchie trop souvent.

Jugé pour corruption - avoir accepté du "milieu" des séjours de luxe et des cadeaux en échange d'informations confidentielles et de "services" -, Michel Neyret a déjà effectué huit mois de détention provisoire dans ce dossier, et devrait bénéficier d’une peine aménagée qui lui permettra de ne pas retourner en prison. Lors de son audience à Paris en mai, quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis, avait été requis contre l’ex-superflic, par ailleurs déjà interdit de séjour dans le Rhône dans le cadre de son contrôle judiciaire allégé.

Un poste trop exposé

A 60 ans, ce fils de mineur lorrain affiche une carrière de "gros bosseur", d’ "homme de terrain" rattrapé par les coups d’éclats de sa carrière : 21 ans passés à la tête de la brigade antigang à Lyon (aujourd’hui rebaptisée Brigade de recherche et d'intervention (BRI).

Deux longues décennies passées à fréquenter le milieu, qui étofferont son précieux carnet d’adresses mais lui vaudront aussi les remarques sans appels d'anciens patrons de la police qui ont témoigné lors de son procès : une période bien trop longue pour un poste aussi "exposé" et de quoi instaurer ainsi un "climat relationnel délicat".

"C'est la fin d'une dure épreuve" - Michel Neyret, après annonce du jugement

Un peu voyou

Même si son sang-froid et le respect que lui vouaient ses équipes ont largement émaillé les témoignages à la barre, Michel Neyret, avec ses allures de play-boy aux costumes bien coupés, a été victime de son goût pour les soirées mondaines et sa fréquentation des peoples, un train de vie de luxe largement affiché sans vergogne.

"Comme tout bon poulet, il avait quelque chose d'un peu voyou, il voulait réussir, faire de belles enquêtes (...) et il se défonçait pour ses indics" -Richard Schittly, biographe de Michel Neyret.

Après un ultime coup d’éclat médiatique, l’arrestation des évadés de la prison de Luynes (Bouches-du-Rhône), il reçoit la Légion d'honneur en octobre 2004. Un mois plus tard, on lui offre de diriger l’antenne de la PJ à Nice, où il va rester trois ans avant un retour sur ses terres lyonnaises en 2007. Pour ses détracteurs, son passage sur la Côte d’Azur marque le début des dérapages dans la rémunération de ses "indics".

Le personnage divise : nombre de collègues et magistrats évoquent un "grand professionnel" aux "résultats impressionnants", mais celui qui aimait les belles prises médiatisées voudrait désormais "casser l'image du pacte de corruption", même s’il reconnait des "imprudences".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.