Disneyland accusé de discrimination
Disneyland accusé de discrimination © EPA/MAXPPP / YM YIK

La fédération de familles de personnes handicapées mentales (Unapei) a porté plainte ce jeudi contre Disneyland Paris pour plusieurs "actes de discriminations manifestes" dans ce parc d'attractions. Une démarche qui "surprend" beaucoup la multinationale.

Une opération de "testing" a établi plusieurs cas concrêts selon l'association Les Papillons blancs d'Epernay et l'Unapei.

Thierry Nouvel est le directeur général de l'Unapei :

La première discrimination est le délit de faciès. [...] lorsqu'une personne handicapée mentale se présente devant une attraction, elle est refoulée, et doit obtenir un pass dit +prioritaire+, ce qui équivaut à une heure et demie de formalités

Le reportage d'Amaury Baradon

Le château de Disneyland
Le château de Disneyland © ©Tim Oram/PHOTOSHOT/MAXPPP / ©Tim Oram/PHOTOSHOT/MAXPPP

Ce pass prioritaire conduit d'une part les personnes handicapées à être mises à l'écart (sortie des files classiques, obligation de prendre rendez-vous à heure fixe) [...] D'autre part, il contraint les personnes à suivre des règles différentes et dérogatoires d'accès aux attractions, comme l'obligation d'être accompagnée par une personne valide, ou l'impossibilité de monter dans une attraction avec d'autres personnes handicapées.

La plainte contre X, qui sera déposée au tribunal correctionnel de Meaux, vise avant tout à "faire cesser ces pratiques de discrimination", qui n'ont pas lieu dans d'autres parcs d'attraction, souligne Thierry Nouvel.

L'Unapei a publié quelques extraits de lettres de familles reçues, comme celui-ci:

Nous nous rendons aux portes d'accès de l'attraction, prévues pour les personnes qui possèdent un +pass prioritaire+. Là, stupéfaction, la personne en charge de l'attraction nous signifie qu'on a interdiction de faire l'attraction avec une telle quantité de personnes déficientes mentales et ce même si on a plus que le nombre d'accompagnateurs voulu.

Chez Disnez, on se dit "très surpris"

Interrogée, la direction de Disney s'est dite jeudi "très surprise" par ces accusations.

Daniel Delcourt, directeur général adjoint en charge des opérations :

Nous avons travaillé en collaboration avec l'Unapei pour établir un certain nombre de règles de sécurité [...] C'est dans un souci de sécurité que nous demandons à ce que les personnes ayant un handicap mental s'identifient comme tel.

Il déclare que Disney est totalement ouvert" à la discussion "s'il faut améliorer des choses". "Mais nous ne négocierons pas sur la sécurité",

Il souligne qu'en cas de problème, les pompiers doivent pouvoir connaître le nombre de personnes handicapées présentes sur une attraction.

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