Sa fille a disparu en 2003. Aujourd'hui Eric Mouzin considère qu'il a "été baladé" et "pris pour un con". Il a décidé d'attaquer l'Etat pour faute lourde et mauvaise gestion du dossier de sa fille.

Cette année encore ERic Mouzin organisera une marche silencieuse en l'honneur de sa fille, comme il y a un an à Guermantes
Cette année encore ERic Mouzin organisera une marche silencieuse en l'honneur de sa fille, comme il y a un an à Guermantes © Maxppp / Vinceactu / V Lesage

"On ne recherche plus Estelle, on ne fait que de la gestion de dossier, de la gesticulation". Malgré les 40 000 pièces du dossier consacrées à l'enquête sur la disparition de sa fille, malgré 150 personnes qui ont été placées en garde à vue, les auditions et les perquisitions, les pistes refermées comme il y a une semaine celle de la possible implication de Nordahl Lelandais, Eric Mouzin n'a "plus aucune confiance dans la justice" a-t-il confié lundi soir sur France 2.

Estelle Mouzin a 9 ans le jour de sa disparition, le 9 janvier 2003, vers 18H00, sur le chemin entre son école et son domicile à Guermantes, en Seine-et-Marne. Malgré plusieurs opérations de police de grande envergure et une mobilisation massive de sa famille, elle est restée introuvable.

C’est le combat d'un père, je n’imagine pas un père faire autre chose que ça.

15 ans et sept juges après, pour Eric Mouzin "il n'y a ni schéma d'organisation d'enquête, ni méthode, ni chronologie, ni liste de suspects, ni action engagée, ni échéancier. Il n'y a rien". "Malheureusement depuis quinze ans, je commence à être obligé de me faire à l'idée de ne jamais savoir. Surtout quand je vois les dysfonctionnements."

C’est pour cette raison, qu'en accord avec ses avocats, explique-t-il, il a pris la décision "d'attaquer l'État pour faute lourde, pour mauvaise gestion" de ce dossier. 

15 ans de vaines recherches

Lorsque Estelle Mouzin disparaît le 9 janvier 2003, sur un itinéraire d'environ un kilomètre, d'importantes recherches sont aussitôt entreprises et l'emploi du temps des 1 400 habitants du village est contrôlé. Leurs habitations seront perquisitionnées et plusieurs personnes placées en garde à vue, puis libérées.  Le 15 janvier, la photo d'Estelle est affichée à des milliers d'exemplaires en France. 

Dans les mois qui suivent des militaires ratissent les autour de Guermantes. Un nouvel appel à témoins est lancé et 1 200 habitants de Guermantes et de Conches-sur-Gondoire, village de l'école d'Estelle, sont interrogés. 

Le 24 juin, le procureur distribue le portrait-robot d'un "témoin très important" et des photos d'un véhicule utilitaire blanc. Une fillette de l'école d'Estelle a déclaré que cet automobiliste l'avait importunée trois semaines avant les faits. 

Si la première année voit le contrôle de 75 personnes condamnées pour agression sexuelle de mineur ou enlèvement d'enfant, durant les années suivantes, à chaque fois qu'une affaire peut être de près ou de loin associé à la disparition de la fillette, une vérification est effectuée, ces derniers temps sur instigation de Eric Mouzin lui même, mais toujours sans succès. 

► POUR EN SAVOIR PLUS | Ecoutez la formidable série en 40 épisodes que France Culture a consacré à l'affaire : "Estelle, disparue

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