Pour la première fois, une victime a gagné en justice contre le laboratoire UCB Pharma, alors qu'elle n'avait pas les ordonnances prouvant cette prise de distilbène par sa mère.

Le distilbène, un scandale sanitaire
Le distilbène, un scandale sanitaire © AFP / Miguel Medina

C'est une victoire judiciaire pour les victimes du distilbène. Ce médicament, donné aux femmes enceintes jusque dans les années 1970 pour prévenir les fausses couches, est responsable de cancers et malformations de l'appareil génital, chez des femmes exposées pendant la grossesse de leur mère. La cour d'appel de Versailles a accordé jeudi 13 octobre 126.000 euros de dommages et intérêts à la jeune femme. Au terme d'un combat judiciaire qui a duré dix ans, elle espère que cette victoire fera jurisprudence.

Stéphanie Chevallier a 19 ans quand elle découvre qu'elle souffre d'une grave malformation utérine. Sa mère a pris du distilbène pendant sa grossesse : les médecins font tout de suite le lien. Après de lourdes opérations et des tentatives de FIV, Stéphanie n'a jamais réussi à tomber enceinte. Elle a adopté deux enfants. En parallèle, sa procédure judiciaire contre UCB Pharma a duré dix ans.

Sa victoire est une première judiciaire

« C’est une première, car je n’ai ni les ordonnances de ma mère, ni ce qu’on appelle une ‘malformation typique’‘ du distilbène, c’est-à-dire un utérus en Y ou en T. Ce n’est pas mon cas. Le problème du distilbène, c’est que les effets sont nombreux, et c’est ça qui est compliqué à prouver. »

Dans son arrêt, la cour d'appel de Versailles souligne que le lien entre le médicament et la malformation de Stéphanie est évident, même en l'absence de preuve formelle. La jeune femme, qui préside l'association "les filles DES", espère que cette décision servira à d'autres.

« J’ai lu des dizaines, des centaines de témoignages de filles distilbène qui s’interrogent sur le fait d’entrer en justice, mais qui ont peur, la justice française étant longue est pas très bien adaptée... Mais chaque décision judiciaire individuelle aide les futures décisions. Ma procédure je l’ai faite pour moi, mais aussi pour toutes celles qui n’osent pas. On est toutes victimes du distilbène, quel que soit l’effet qu’il a eu dans notre corps »

Stéphanie Chevallier poursuit son combat collectif, notamment pour recenser toutes les victimes potentielles du médicament, et pour obtenir un fonds d'indemnisation, sur le modèle de celui qui existe pour le Mediator.

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