Le siège de la DCRI (maintenant DGSI) à Levallois-Perret
Le siège de la DCRI (maintenant DGSI) à Levallois-Perret © PHOTOPQR/LE PARISIEN / JEAN-BAPTISTE QUENTIN

L’arrestation de Medhi Nemmouche vendredi à Marseille pour la tuerie de Bruxelles, qui a fait trois morts et un blessé grave le 24 mai, relance le débat.

Les autorités françaises estiment qu’ils sont actuellement entre 200 et 300. 300 Français, partis faire la guerre sainte en Syrie . Le chiffre était avancé il y a deux semaines par le ministre de l'Intérieur. En tout, 700 Français seraient impliqués dans les filières syriennes, dont 116 femmes et 30 mineurs. Le chiffre inclut également les personnes qui ont seulement l'intention de partir en Syrie.

A la fin du mois d’avril, Bernard Cazeneuve, tout juste nommé, mettait en place un plan pour endiguer cette fuite d’apprenti-djihadistes. La mesure la plus médiatisée : la création d’un numéro vert (0 800 005 696), destiné aux familles qui pensent qu’un de leur proche va partir. 3 semaines après son lancement, le ministre faisait le point sur France inter, dans l’émission Tous Politiques : 70 signalements « très sérieux », etcinq à six départs empêchés .

Le plan n’en reste pas là. Il prévoit aussi des entretiens systématiques de toute personne signalée et de sa famille avec les services de renseignement, son inscription au fichier des personnes recherchées, des cyber-patrouilles…

1 600 Djihadistes français ?
1 600 Djihadistes français ? © Radio France

Mais un certains nombres d’experts, de magistrats ou de policiers, estiment que l’arsenal anti-terroriste n’est pas assez développé. Alain Marsaud, ancien magistrat, aujourd’hui député UMP, réclame une loi : la création d’un délit qui empêche d’aller combattre à l’étranger, ainsi que la modification du texte sur l’association de malfaiteur.

Christophe Rouget, représentant du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, estime lui aussi qu’il faut aller plus loin.

Il faut avoir un arsenal juridique et administratif qui permette d’exercer des surveillances, de prévenir tout acte de terrorisme.

Coopération internationale

Dans le cas de Medhi Nemmouche, l’homme est passé entre les mailles du filet. C’est par un hasard contesté par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qu’il a été contrôlé et appréhendé par les douanes à Marseille. Pourtant, selon le procureur de la République de Paris, François Molins, il avait été signalé au renseignement français il y a plus de deux ans, lors de son passage en prison.

Peu après avoir quitté sa cellule, il se rend en Syrie, où il restera un an auprès de groupes armés. A son retour en Europe, ce sont les douaniers Allemands, intrigués par les détours pris par le jeune homme (Malaisie, Singapour, Bangkok) qui le signalent aux services français de renseignement, la DGSI (Direction générale de la sécurité interieure).

Pour la spécialiste des questions de terrorisme, Anne Guidicelli, il est très difficile de suivre à la trace ces Français qui partent faire le djihad.

Le travail de la DGSI normalement ne devrait pas s’arrêter sur son territoire national, et c’est là qu’intervient la coopération internationale.

Le parcours de Mehdi Nemmouche
Le parcours de Mehdi Nemmouche © Radio France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.