Dodo la Saumure fêtait hier ses 66 ans, après une longue journée à la barre du tribunal correctionnel de Lille. Râblé, la figure ronde et le regard perçant, Dominique Alderweireld fait le spectacle sans se faire prier. « Je fais du Audiard » lance-t-il au président, qui lui demande pourquoi au téléphone il dit « ramener du cheptel » quand il parle de filles. L’audience d’hier a pourtant permis de dresser un portrait nuancé du seul proxénète revendiqué dans cette affaire. Condamné deux fois pour proxénétisme en France (la dernière en 1999), Dominique Alderweireld s’est installé dans une Belgique plus tolérante (où il a quand même écopé de cinq ans de prison avec sursis en 2012).Exploiteur de la misère humaine, et sans vergogne, quand il explique son modèle économique : les filles gagnent 40% sur les boissons qu’elles font consommer au bar, 50% sur les passes, moins 5 euros pour le ménage. Un univers sordide peut-être, à côté duquel les virées tarifées à Lille étaient « une récréation » pour l’ancienne prostituée Jade. Mais pas de l’abattage. Pas de violence physique non plus. Jade le trouve « sympa », celui qu’elle appelle « le patron ». Les filles vont et viennent, pour quelques jours ou quelques années. Et sont libres de partir, ce qu’ont confirmé Jade et une autre partie civile, Laura.Mais cette incursion en Belgique n’est qu’un élément de contexte. A Lille, Dominique Alderweireld et sa compagne Béatrice Legrain sont accusés d’avoir un peu débordé sur le territoire français, notamment avec ces sorties de prostituées à destination des messieurs du Carlton et de DSK. Jade assure que c’est Dodo qui payait les filles. Dodo, qui a potassé son droit, pense qu’en décrétant que ses filles sont des travailleuses indépendantes il évitera les ennuis.

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