C’est un cri de douleur immense. Celui d’Odile, ex-épouse d’Alain Marécaux.

C’est une femme qui s’effondre littéralement à la barre de la cour d’assises.

« c’est une honte de nous fait venir ici. Vous ne vous rendez pas compte de la souffrance. C’est une horreur ce que c’est enfants ont vécu avec leurs parents mais nous on y est pour rien. »

Odile est l’une de ces dix acquittés d’Outreau – sur les treize deux sont morts depuis, Daniel Legrand est à nouveau accusé – que l’on voit défiler à la barre. Tous disent la même souffrance de vivre, encore aujourd’hui, avec le souvenir de cette affaire. Tous finissent par craquer à un moment donné de leur déposition à la barre.

Mais pour Odile, c’est une véritable douleur à l’état brut que l’on voit se déverser devant la cour d’assises de Rennes. A tel point que l’avocat des parties civiles, Me Reviron, s’excuse d’être indirectement à l’origine de sa présence aujourd’hui : « je ne connaissais pas votre situation, je le regrette ».

Car Odile a tenté de refaire sa vie, ailleurs. « J’ai une petite de huit ans, je vais lui dire quoi maintenant ? Elle ne sait rien de ma vie passée. » Ses autres enfants, deux fils et une fille, « ont été cassés. Ils ont perdu leurs parents du jour au lendemain, et tout le monde en a rien à foutre. » Placés comme tous les autres enfants des acquittés, ils sont les autres victimes de l’affaire Outreau.

Avant son ex-épouse, l’huissier Alain Marécaux racontait à la barre : « aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec ma fille. Mon fils, on l’a arrêté à 13 ans et demie. On nous l’a rendu à 17 ans. Il était cassé, détruit. Mon deuxième fils, il a été de famille d’accueil en famille d’accueil. J’avais la possibilité de leur offrir des études. Aujourd’hui, ils ne travaillent pas, ils n’ont pas de diplômes, ils ont la même philosophie : un rejet de la société et de ses institutions. »

« C’est un gâchis monumental. » lâche l’huissier, lui aussi très éprouvé.

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