Dans la plaidoirie à trois voix de Frédérique Beaulieu, Richard Malka et Henri Leclerc, chacun en a pris pour son grade ce matin : les juges d’instruction, la presse, et tous ceux qui ont ricané« dans les conversations en ville ».Henri Leclerc a conclu par une demande de relaxe,« et ce sera justice ».

Frédérique Beaulieu commence par attaquer méthodiquement « la logique folle » qui voulait faire de Dominique Strauss Kahn un proxénète, et pour laquelle les juges ont déployé « une débauche de moyens », « des investigations invraisemblables ». La femme du trio s’était déjà chargée pendant les débats du contre-interrogatoire des anciennes prostituées, elle pointe à nouveau ce matin leurs contradictions. « J’ai beaucoup d’estime pour Jade », commence Frédérique Beaulieu, mais elle « réécrit l’histoire », et c’est aussi parce qu’on a fait d’elle « un symbole, celui de LA prostituée ».

Richard Malka multiplie les formules pour assassiner l’enquête : « un mirage juridique », « vertigineux de danger démocratique ». « Ce dossier a transformé 66 millions de français en voyeurs » dénonce celui qui est aussi l’avocat de Charlie Hebdo. La défense estime avoir été longtemps inaudible dans les medias, parce qu’une « sodomie bien traitée c’est quand même meilleur qu’une déclaration d’innocence » soupire Henri Leclerc. « Et la morale qu’est ce que c’est ? » lance Me Leclerc, qui défend la liberté sexuelle et rappelle que la notion de « débauche » a été rayée du code pénal. Henri Leclerc, du haut de ses soixante ans de barreau, vient conclure : « rien ne reste de ce dossier, il est à terre ».

Pour la première fois depuis le début du procès, il accorde à la sortie quelques mots à la presse, les cameramen s’étant, par égard pour lui, organisés pour éviter toute bousculade.

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