Jade, partie civile, a expliqué ce matin pourquoi selon elle Dominique Strauss-Kahn avait compris qu’elle était prostituée, et la traitait comme telle. L’ancien patron du FMI s’est défendu pied à pied et n’a rien lâché.

En 2010, Jade est recrutée par Fabrice Paszkowski et David Roquet pour une soirée dans un club échangiste en Belgique. Après l’épisode du Murano à Paris, qu’elle n’avait déjà pas apprécié, elle décrit cette fois « une boucherie ». Jade refuse de se mêler aux ébats collectifs, mais comme elle a été payée, elle raccompagne à leur hôtel Dominique Strauss-Khan et sa jeune compagne de ce soir-là.

Dans la voiture, ils discutent. Jade raconte qu’elle est payée pour danser dans un club échangiste, avec à la fin un rapport sur scène avec un client… Pour elle, sa condition ne fait donc plus de doute. Pour DSK, cela n’en fait pas une prostituée: « j’en déduis qu’elle a une sexualité débridée ».

Arrivés à l’hôtel, ils ont des relations à trois. Jade se met à pleurer à la barre, elle en garde un très mauvais souvenir.

« Si j’étais libertine, il m’aurait demandé si j’acceptais cette pratique…Là je n’ai pas eu le temps de me retourner.

Frédérique Beaulieu, avocate de_ DSK: Y a-t-il des pratiques sexuelles réservées aux prostituées?_

Jade :Quand on est avec une libertine, on lui demande si elle est d’accord … Pour m’avoir infligé ce qu’il m’a infligé, c’est qu’il ne devait pas avoir beaucoup de respect pour moi. Je n’étais qu’un objet ou une chose. »

Invité à s’expliquer sur cet épisode, DSK navigue habilement entre contrition et l’assurance de celui qui n’a rien à se reprocher.

« Sur le moment je n’ai pas perçu cela (NDLR sa souffrance et son refus). Je m’en suis excusée lors de la confrontation (…)

Je l’ai d’autant moins perçu qu’elle est restée avec nous. On a pris un café, notre relation a continué de manière amicale (…)

Je suis désolé que ça l’ait marquée à ce point. »

L’ancien patron du FMI, qui connaît son dossier sur le bout des doigts, déclare avoir s’être rendu compte qu’il avait « une sexualité qui par rapport à la moyenne des hommes est plus rude ». Mais il s’insurge contre « la logique absurde » qui voudrait que sa pratique sexuelle nécessite de faire appel à des prostituées.

La partie civile n’est pas exempte de contradictions, qu’elle assume. Malgré les récits détestables des rencontres à Paris et Bruxelles, elle ira à Washington quelques mois plus tard. « Il y avait 2000 euros à gagner, j’en avais besoin dit-elle… et puis j’aime voyager. »

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