Ce n’était pas une surprise, mais quand même un petit événement judiciaire : le procureur de Lille a demandé hier« la relaxe pure et simple »de Dominique Strauss-Kahn. La défense de l’ancien ministre socialiste plaide ce matin. Le parquet s’en est tenu hier à la ligne fixée par le tribunal : faire du droit pas de la morale. Le procureur Frédéric Fèvre s’avoue notamment « troublé par l’évocation récurrente des pratiques sexuelles de Dominique Strauss-Kahn ». Il n’a eu besoin que d’un quart d’heure pour évacuer de son réquisitoire le prévenu qui a fait du Carlton une affaire hors norme. Pour le procureur, il n’est pas prouvé que DSK savait qu’il rencontrait des prostituées. La loi du silence édictée par ses amis a été respectée, la conviction de Jade, partie civile, n’est pas partagée par d’autres participantes des soirées soi disant libertines. Et quand bien même, DSK n’a pas tiré profit de la prostitution ni fourni des prostituées à d’autres : pour le parquet il ne faut pas élargir encore la définition du proxénétisme, qui est déjà bien élastique, sauf à vouloir juger « tous les hommes qui ont fait monter une prostituée dans leur voiture. »

Alors que peuvent plaider de plus ce matin les trois avocats de l’ancien ministre ? Au-delà de la démonstration technique, Henri Leclerc, le président honoraire de la Ligue des droits de l’homme, Frédérique Beaulieu et Richard Malka vont sans doute tenter de restaurer son image un peu plus abîmée par ce procès. Ce dossier pour la plupart des autres prévenus reste une affaire de proxénétisme. Pas celui d’un « réseau mafieux » admet le procureur mais celui « des arrangements entre amis », avec « une absence totale de considération pour les femmes ».

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