DSK sur la Croisette
DSK sur la Croisette © Maxppp / Franck Castel

Le parquet de Lille compte requérir un non-lieu pour Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Carlton, où il est mis en examen pour "proxénétisme aggravé en bande organisée". Ce serait la fin des ennuis judiciaires pour l'ex-patron du FMI. Toute la question dans cette affaire, c'était de déterminer si DSK savait ou non que les femmes rencontrées en Belgique, à Paris et à Washington étaient des prostituées, et s'il a pu être l'un des organisateurs de ces rendez-vous. Le principal intéressé l'a toujours démenti. Et visiblement le parquet manque d'éléments.

Il a annoncé qu'il requiert un non-lieu pour Dominique Strauss-Kahn et pour Jean-Luc Vergin, l'ancien directeur régional du groupe de BTP Eiffage, soupçonné d'avoir financé ces parties fines en payant les prostituées. "En effet, en ce qui les concerne, le parquet estime qu'il n'existe pas de charges suffisantes", explique un communiqué.

Les explications de Sara Ghibaudo.

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn crient victoire

"Je constate que le procureur de la République est de notre avis, ce que nous avons toujours dit depuis le premier jour, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'élément constitutif d'une infraction de proxénétisme susceptible d'être reprochée à Dominique Strauss-Kahn", explique Henri Leclerc sur BFM TV.

Le procureur ajoute toutefois requérir le renvoi devant le tribunal correctionnel de 12 personnes "pour des faits susceptibles d'être qualifiés de proxénétisme en réunion, ainsi que pour certaines d'entre elles, d'escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux".

Cela signifie que ces personnes sont soupçonnées, elles, d'avoir fourni des prostituées pour des parties fines auxquelles participait "DSK"... mais sans l'avertir.

Les juges d'instruction décideront

Le parquet prône aussi l'abandon de la circonstance aggravante de "bande organisée" ainsi que l'infraction d'"association de malfaiteurs" pour tous les mis en examen. Ce réquisitoire définitif fait suite "à une analyse approfondie et minutieuse du dossier d'instruction qui comprend 33 tomes et 6.800 cotes", ajoute le parquet.

DSK et l'affaire du Carlton
DSK et l'affaire du Carlton © IDÉ

Les juges d'instruction, qui avaient communiqué le 13 mars le dossier au parquet, estiment que Dominique Strauss-Kahn savait qu'il rencontrait des prostituées rémunérées lors de soirées organisées à Paris et Washington.

L'ancien directeur du FMI, 64 ans, a toujours nié avoir eu connaissance qu'il s'agissait de prostituées, défendant son droit au libertinage entre adultes consentants.

Le 2 octobre, le parquet de Lille avait classé sans suite une enquête préliminaire pour viol sans dépôt de plainte de la part de prostituées présentes dans des soirées à Washington.

Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider s'ils renvoient "DSK" en correctionnelle ou s'ils se rangent à l'avis du parquet.

"Depuis le début de cette affaire, le juge d'instruction a montré une singulière conviction de l'existence de charges à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn, je ne sais pas si notre avis s'ajoutant à celui du parquet va réussir à le convaincre", déplore l'un des avocats de DSK, Henri Leclerc. "Il n'a pas commis d'infraction, dans notre pays, le fait même de voir une prostituée n'est pas considéré actuellement comme une infraction, et de surcroît encore aurait-il fallu qu'il sache que c'était des prostituées."

Dominique Strauss-Kahn a déjà réglé ses autres ennuis judiciaires : le 10 décembre 2012, les poursuites engagées par Nafissatou Diallo, la femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York, ont été arrêtées suite à un accord financier entre les avocats de la femme de chambre et ceux de DSK. Quant à la plainte de Tristane Banon pour tentative de viol, elle a été classée sans suite en France en octobre 2012 pour prescription.

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