Nicolas Bonnemaison  par Thomas Mélandre
Nicolas Bonnemaison par Thomas Mélandre © Esba TALM - Angers

“S’il n’y a aucun irrespect d’une quelconque règle, en quoi est-ce que le secret est utile?”. La question émane de la présidente. Et elle est au coeur du procès. Parce que le secret précède le soupçon. Or, dans les dossiers médicaux des patients concernés par ce procès, il n’y a rien. Pas de mention des ampoules d’Hypnovel injectées. “Puisqu’il n’y a pas de mention dans le dossier, nous n’avons pas de certitude du produit utilisé et de son dosage”, insiste la présidente.

Nicolas Bonnemaison dont “la belle écriture” a été saluée par tous, “la rigueur dans la tenue de ses dossiers” également, n’a pas souhaité mentionné la mise en place de la dernière sédation des patients. Par souci d’épargner l’équipe médicale, explique l’accusé. “J’ai vu des équipes paramédicales mises en difficulté par des décès de cette nature. Si je n’écris rien c’est parce que j’agis seul. Si je le note, c’est ouvert sur les paillasses.”

Laurie, aide-soignante et Nathalie, infirmière par Othilie Pournain
Laurie, aide-soignante et Nathalie, infirmière par Othilie Pournain © Esba TALM - Angers

Et pourtant, interroge un assesseur : “face à un décès que le personnel soignant ne s’explique pas, est-ce qu’elles n’auraient pas pu se dire que c’était peut-être de leur responsabilité alors que la mention sur le dossier médical aurait pu les exonérer de ça ?” Car effectivement, aide-soignante et infirmière ne se sont pas senties “épargnées”.

C’est visiblement encore affectée que Nathalie, infirmière de Françoise Iramuno et qui a assisté à son décès, témoigne à la barre. “Il ne nous en a pas parlé pour nous protéger, mais nous protéger de quoi? Des fins de vie j’en ai vu et j’en ai pratiqué. Effectivement, ce n’est pas drôle mais bon …C’est un homme qui le matin arrivait et se disait “tac, je casse une ampoule et j’y vais.” C’est une négation de tout le travail d’infirmier. Notre travail c’est aller masser les patients, bien les installer pour que les familles gardent une bonne image. C’est pas “j’ai l’impression qu’il y a une souffrance psychique, tiens je vais aller balancer une seringue. C’est hallucinant.”

► ► ► ALLER PLUS LOIN| L'affaire Bonnemaison : dossier complet et procès en live

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.