Christiane Taubira
Christiane Taubira © MAXPPP/Xavier de Torres

Christiane Taubira a commandé un "examen précis" des textes relatifs aux sorties de prisonniers, pour d'éventuelles modifications. Un détenu, évadé lors d'une sortie autorisée, a tiré lundi soir sur un policier, toujours hospitalisé dans un état grave.

Ce fait divers en Seine-Saint-Denis ravive le débat. Faut-il durcir les conditions de sortie et de permission des détenus ? Le braqueur qui a gravement blessé un policier était en cavale. Il avait bénéficié d'une permission, pour effectuer des formalités administratives suite au décès de son père. L'autre malfaiteur, qui l'accompagnait, a été tué dans la fusillade.

Polémique immédiate

Dès que la situation du tireur a été connue, la polémique a enflé. Et Christiane Taubira, la Garde des Sceaux, est en première ligne. Les défenseurs d'une justice plus stricte s'appuie sur un fait : le détenu était fiché par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) comme individu dangereux. Dans ces conditions, et alors que sa remise en liberté n'était prévue que pour 2018, le juge des libertés a-t-il eu raison de lui accorder une permission ?

Que disent les textes actuels ? Dans quelles conditions les détenus peuvent-ils bénéficier de permissions ? Les explications de Corinne Audouin, du service police-justice.

Les syndicats de policiers ont appelé la ministre de la Justice à rendre "des comptes". "Lenteurs de la justice" et "décisions irraisonnées" pour le syndicat de commissaires SCSI-CFDT, "aberrant" pour Synergie-officiers, "intolérable" pour Alliance. Le Syndicat de la magistrature (gauche) a noté que ces commentaires émanaient de syndicats "généralement hostiles" aux permissions de sortie des détenus comme à Christiane Taubira, déplorant une "instrumentalisation" de ce fait divers.

La réponse de Christiane Taubira

Le député Les Républicains Xavier Bertrand lui a aussi demandé de "s'expliquer sur ce qui a été fait depuis les derniers incidents de ce genre". La réponse de Christiane Taubira n'a pas traîné, à l'Assemblée nationale, ce mardi :

J'ai commandé un examen précis [des textes de loi sur les sorties de prisonniers] pour savoir s'il y a lieu de les modifier de façon à permettre par exemple d'imposer systématiquement une escorte pour certains détenus, y compris pour ces motifs de maladie grave ou de formalité administrative suite à un décès.

Elle a également commandé un "rapport précis sur ce qui s'est passé" et promis de ne se ranger "ni derrière la fatalité, ni derrière l'erreur d'autrui".

Mais pour Frédéric Lagache, sécrétaire général adjoint du syndicat policier Alliance, la ministre peut toujours présenter des intentions, le fait est qu'il ne sera pas possible d'accompagner tous les détenus dangereux.

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