Au lendemain des violences et dégradations qui ont éclipsé la traditionnelle manifestation syndicale du 1er Mai à Paris, la polémique enfle sur l'attitude des "Black Blocs" mais aussi des forces de l'ordre. David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la Police nationale, invité du journal de 13h.

Manifestation des black blocs mardi 1er mai à Paris
Manifestation des black blocs mardi 1er mai à Paris © AFP / Guillaume Pinon / NurPhoto

Six voitures ont brûlé, 31 commerces ont été pillés, saccagés ou dégradés, des mobiliers urbains réduits en miettes à Paris dans le quartier d'Austerlitz mardi. Selon les autorités, 283 personnes ont été arrêtées dont 109 ont été placées en garde à vue. Les casseurs étaient des membres du groupuscule radical "Black Blocs", qui cible les symboles du capitalisme.

L'exécutif s'est défendu mercredi de toute défaillance dans le maintien de l'ordre. Au total, on dénombre quatre blessés légers dont un CRS, selon la préfecture de police.  

En déplacement en Australie, Emmanuel Macron a souligné que le 1er-Mai était _"la journée des travailleurs, pas la journée des casseurs"_et assuré que les mesures nécessaires avaient été prises face à la polémique sur ces violences.

Certains politiques comme le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, réclament une commission d'enquête parlementaire, notamment pour faire la lumière sur la "chaîne de commandement"

La question qui est posée aujourd'hui est de savoir pourquoi les forces de l'ordre ont tardé à intervenir.

► ECOUTER | Qui sont les "Black Blocs" interpellés mardi à Paris, par Emmanuel Leclère

1'30

De nombreux militants étrangers chez les Black blocs du 1er Mai

Par Emmanuel Leclère

La polémique enfle : maintien de l'ordre défaillant ? 

Selon Gérard Collomb, il y aurait eu des morts s'il avait fallu bloquer les manifestants violents. Le ministre de l'Intérieur affirme  vouloir "tirer les leçons" des violentes dégradations commises par des manifestants en marge du défilé syndical du 1er mai à Paris, en ciblant notamment "ceux qui appellent à l'insurrection".

David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale était l'invité du journal de 13 heures de Bruno Duvic :

Les forces de police répondent à des ordres. S'il y a ordre d'intervenir, elles interviennent, dans des conditions de sécurité. Si elles n'ont pas eu d'ordre d'intervenir, comme cela semble avoir été le cas, elles n'interviennent pas.

Reste à savoir maintenant pourquoi les forces de police n'ont pas reçu ce type d'ordre. Selon lui, ce n'est pas la première manifestation qui dégénère, mais là les black blocs étaient plus nombreux que prévu. 

Groupes "paramilitaires"

Pour David Le Bars, l'intention des "Black Blocs" est "de faire des morts parmi les forces de l'ordre".

L'attaque d'un restaurant Mc Donald's boulevard de l'Hôpital au cocktail Molotov est clairement une tentative d'homicide puisque des clients sont attablés et l'explosion pourrait créer des morts.

Selon lui, le dispositif policier en place mardi (dont 27 forces mobiles et des CRS) était l'un des dispositifs les plus importants mis en place ces dernières années. 

"L'objectif était de quadriller et tenir la manifestation du 1er mai pour qu'elle se passe au mieux et, en même temps, de gérer 1 200 individus qui eux sont là non pas pour participer à la manifestation mais pour mener une véritable guérilla urbaine, une guerre de rue."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.