L'homme, en état ébriété, a pointé un pistolet d'alarme contre les policiers qui ont tiré. Les cinq fonctionnaires ont été placés en garde à vue et l'enquête confiée à l'IGPN

Un homme a été abattu par la police alors qu'il les visait avec un pistolet d'alarme
Un homme a été abattu par la police alors qu'il les visait avec un pistolet d'alarme © AFP / Jean-Pierre Clatot

Alors que le débat sur la légitime défense de la police fait actuellement la une puisque, parmi les revendications des policiers en colère, figure une modification des ces règles, cinq policiers ont été placés en garde à vue, samedi, et l'IGPN saisie, après des tirs mortels, vendredi soir, contre un forcené qui les avait menacés. Une garde à vue débutée à 21h vendredi et levée depuis le début de l'après-midi samedi.

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C’est à Echirolles, en Isère, que les cinq hommes, deux équipages, membres de la section d’intervention et de la BAC, la Brigade anti-criminalité, ont été appelés dans un quartier résidentiel, pour un homme, qui, visiblement ivre, avait menacé son voisin avec une machette. A l'arrivée des policiers, le forcené "après avoir posé sa machette, aurait sorti une arme de derrière son dos", a expliqué Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble. La policiers se sont alors sentis menacés et ont fait usage de leurs armes.

Le procureur de la République a précisé que "les cinq policiers en colonnes derrière deux boucliers balistiques ont alors fait feu". Quatre avec leur arme de service et le dernier avec "un fusil d'assaut HK G36". L'homme de 51 ans, qui a reçu plusieurs projectiles dans le thorax et dans la tête, est décédé sur le coup. Il s'agit d'un carrossier dans les transports en commun grenoblois, père de quatre enfants et dont la famille était absente au moment du drame..

L’objet pointé par le forcené est un petit pistolet d’alarme. L'IGPN, la "police des polices", est arrivée sur place à 2h du matin et a entendu le voisin, mais ce dernier, selon les informations recueillies par France Bleu Isère, n'a pas vu précisément l'intervention des policiers.

La femme et le fils du forcené, interrogés par RTL et le Dauphiné, ne comprennent pas pourquoi la police a abattu leur mari et père, alors qu'il aurait suffi, selon eux, de le blesser. Le fils de la victime annonce son intention de porter plainte.

Mais pour les syndicats de police la légitime défense ne fait aucun doute : "Lorsque collectivement, cinq policiers, qui sont face à un individu dangereux, tirent en même temps, c'est qu'ils n'ont aucun doute sur le fait qu'il va faire usage de son arme et qu'il va tirer sur l'un d'entre eux", a déclaré Yannick Biancheri , secrétaire départemental du syndicat SGP police-FO.

Pour Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble l’important est de "mener une enquête objective, indépendamment de la polémique actuelle liée aux questions de police".

Parmi les mesures annoncée par Bernard Cazeneuve mercredi pour la police, figure une réflexion approfondie qui va être engagée quant à l'assouplissement de la légitime défense.

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