Marche blanche à Echirolles après la mort de Kevin et Sofiane
Marche blanche à Echirolles après la mort de Kevin et Sofiane © MaxPPP

Ils sont douze accusés, âgés de 18 à 23 ans, à comparaître à partir d'aujourd'hui et pendant six semaines devant la cour d'assises des mineurs d'Isère. Douze jeunes accusés d'homicides volontaires après la mort de Kevin et Sofiane à Echirolles.

C'était le 28 septembre 2012, Kevin et Sofiane sont dans le parc Maurice Thorez à Echirolles. Les deux jeunes de 21 ans sont violemment pris à partie par un groupe d'une cité voisine. Sofiane est poignardé une trentaine de fois et frappé à la tête à l'aide d'un marteau. Il meurt le lendemain à l'hôpital, victime de multiples hémorragies internes. Kevin, lui, reçoit un tir d'arme d'alarme appuyée sur sa temps, parvient à s'enfuir. Il s'écroule quelques mètres plus loin et est achevé de huit coups de couteau et de multiples coups de pieds.

C'est un procès hors norme qui se joue désormais, Xavier Demagny

Rivalités de quartier

En réalité, les violences sont allées grandissantes au cours de l'après-midi. Au départ : un "mauvais regard" sur fond de rivalité amoureuse entre deux jeunes. L'un gifle l'autre. Ils se recroisent dans l'après-midi, s'insultent. Le frère aîné de l'un réclame des excuses qu'il obtient. Mais la scène est vécue comme "une humiliation" pour l'ensemble du quartier. Alors s'organise une véritable expédition punitive. Une quizaine de personne s'affrontent, un chien d'attaque est lâché. La bagarre s'achèvera vers 21 heures, par la mort de Kevin et Sofiane. Tous prennent alors la fuite. Kevin et Sofiane sont laissés là, gisant dans le parc.

Devant les enquêteurs, tous vont tenter de minimiser leur participation. Il y a celui qui s'enfuit de chez sa mère, en expliquant qu'il faut qu'il trouve "une planque sinon il risque les assises". Il y a celui qui reconnaît sa présence sur les lieux tout en affirmant être "resté sur le scooter". Il y a cet autre qui affirme avoir passé la soirée avec ses parents et son frère mais dont le téléphone portable révèle qu'il a échangé des messages avec ce dernier et qu'il n'était donc, en toute logique, pas avec lui.

Dans le box des accusés ce lundi, ils seront douze, dont neuf actuellement en détention provisoire. Certains des accusés étant mineurs au moment des faits, le procès devrait se tenir à huis clos.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.