Olivier Pelat, tuteur de la vieille dame, avait même demandé la "relaxe" de  Pascal Bonnefoy
Olivier Pelat, tuteur de la vieille dame, avait même demandé la "relaxe" de Pascal Bonnefoy © MaxPPP

L'ancien domestique de la milliardaire et les cinq journalistes (dont Edwy Plenel et Franz-Olivier Giesbert) poursuivis dans le volet dit des "écoutes" de l'affaire Bettencourt ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Ils étaient jugés dans ce dossier de la tentaculaire affaire Bettencourt pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" de Liliane Bettencourt. Âgée de 93 ans et atteinte d'Alzheimer, Liliane Bettencourt n'a pas assisté au procès.

A l'insu de sa patronne, son ancien majordome Pascal Bonnefoy avait enregistré avec un dictaphone, entre 2009 et 2010, plusieurs heures de conversation entre la vieille dame et ses hommes de confiance. Des enregistrements dont de nombreux extraits avaient été diffusés en juin 2010 par Mediapart et le Point.

Le procès s’est achevé par une relaxe générale

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a estimé que l’ex-majordome de la milliardaire avait agi "en état de nécessité", pour faire cesser l’abus de faiblesse dont la milliardaire était victime.

Relaxe également pour les cinq journalistes du Point et de Mediapart , qui avaient publié en juin 2010 de larges extraits de ces écoutes, faisant éclater l’affaire Bettencourt au grand jour, avec toutes ses ramifications : abus de faiblesse, fraude fiscale, collusion entre le parquet de Nanterre et l’Elysée, soupçons de financement politique illégal….

Un "sérieux" travail d'enquête

Dans son jugement, le tribunal a rendu hommage au "sérieux" du travail des journalistes, relaxés au nom de la primauté de l’intérêt général sur l’atteinte à la vie privée dans cette affaire. Soulignant a contrario un "dysfonctionnement dans le cours normal de la justice" avec "l’interférence du pouvoir exécutif, et notamment du conseiller justice du président de la République (ndlr Sarkozy), dans le traitement de la plainte déposée par Françoise Meyers-Bettencourt".

Le tribunal a appuyé sa décision sur les textes européens, notamment la conception du droit à l’information du public comme garant de la démocratie. Une interprétation qui n’est pas toujours celle des tribunaux français. Au-delà du cas des deux médias poursuivis, c’est donc un jugement fondateur pour la liberté de la presse , estime Edwy Plenel, le directeur de Mediapart.

Edwy Plenel avec Corinne Audouin

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