Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire pour favoritisme, complicité et recel, sur la soirée de la "French Tech Night" à Las Vegas, le 6 janvier 2016.

Emmanuel Macron à la French Tech Night à Las Vegas
Emmanuel Macron à la French Tech Night à Las Vegas © Reuters / Steve Marcus

L'enquête, confiée à l'OCLCIFF (Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales) fait suite à un signalement de l'Inspection générale des finances, envoyé le 8 mars, jour où le Canard Enchaîné révélait l'existence d'un rapport sur cette soirée à près de 380 000 euros, organisée sans appel d'offres. En marge du grand rendez-vous annuel de l'innovation technologique, l'événement avait permis à Emmanuel Macron de tenir la vedette devant quelque 500 personnalités. À ce stade, l'ancien ministre de l'Économie et candidat du mouvement "En Marche" n'est cependant pas directement visé.

Pas d'appel d'offres

L'enquête devra déterminer si l'agence Business France pouvait se dispenser d'un appel d'offres et confier l'organisation de cette soirée à Havas. L'organisme de promotion des entreprises françaises à l'étranger a reconnu la semaine dernière que, "au vu des délais", le choix du prestataire, Havas, "avait été fait selon une procédure pouvant potentiellement être entachée d'irrégularité".

C'est Emmanuel Macron qui avait souhaité donner à la soirée une dimension particulière. Or le délai très court - une dizaine de jours - a entraîné des frais importants, en nuits d'hôtel notamment.

Selon l'entourage du candidat d'En Marche :

Il n'y a pas de lien entre la requête du ministre et les manquements constatés

Michel Sapin, l'actuel ministre de l'Économie, avait aussi souligné qu'il appartenait à Business France, "si elle considérait que les délais étaient trop courts, de dire qu'elle ne pouvait pas organiser l'événement selon les règles".

Par ailleurs, si on reconnait du côté d'Emmanuel Macron qu'il avait recruté un ancien salarié d'Havas dans son cabinet à Bercy, Business France a fait savoir hier qu'elle avait fait appel à cette agence "dont elle connaissait et utilisait déjà le savoir-faire sur d'autres opérations similaires".

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