Le Parlement européen a mis en place des retenues sur le salaire de l'eurodéputée du Front national, qui a lancé une procédure pour "volonté de nuire à des fins politiciennes".

Membres du Parlement européen en session le 15 février 2017
Membres du Parlement européen en session le 15 février 2017 © Reuters / Vincent Kessler

Il lui réclame 340 000 euros indument perçus, dans le cadre d'emplois fictifs d'assistants, et a même commencé à récupérer cet argent via une procédure de recouvrement. Et ce, malgré les dénégations de Marine Le Pen, qui assure qu'il n'y a "absolument rien de fictif", et qu'il s'agit d'une "régularisation comptable" faite avec le Parlement européen.

Mais l'institution dément : ”Ce n'est pas l'esprit maison de faire des faux contrats", déclare une source parlementaire. _“Ce n'est que grâce à l'enquête de l'Olaf, l'organisme anti-fraude de l'UE, que l'administration a mis en doute la réalité de cet emploi d'assistant." _Les faits concernent le garde du corps de Marine Le Pen, embauché officiellement par la députée européenne comme "assistant parlementaire". Le rapport de l'Olaf épingle aussi un deuxième cas, celui de l'assistante de Marine Le Pen au siège du FN à Nanterre, pourtant salariée comme collaboratrice au Parlement européen de décembre 2010 à février 2016.

Une procédure comme contrefeu

L'instance confirme que les retenues sur salaire de l'eurodéputée ont bien démarré ce mois-ci : Marine Le Pen a touché en février 4.242 euros bruts, au lieu d'un peu plus de 8.000 euros. À partir du 1er mars, le Parlement ne lui versera également plus les frais généraux auxquels ont droit les députes, soit plus de 4.000 euros mensuels.

Ainsi, le Parlement européen pourra recouvrer plus de 8.000 euros par mois.

L'avocat de la dirigeante du FN a annoncé un recours devant le tribunal du Luxembourg pour demander l'annulation du recouvrement. Une autre procédure est en cours, lancée par Marine Le Pen elle-même pour se défendre : elle a déposé plainte en Belgique contre l'Olaf, pour "faux et usage de faux", dénonçant une "volonté de nuire à des fins politiciennes". La plainte est actuellement examinée par un juge d'instruction, mais la procédure prendra plusieurs mois.

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