L'entrée du foyer, à côté d'un hôtel quatre étoiles
L'entrée du foyer, à côté d'un hôtel quatre étoiles © Radio France / Corinne Audouin

Pour célébrer les 70 ans de l'éducation surveillée, la Protection judiciaire de la jeunesse a ouvert exceptionnellement ses portes. Reportage de Corinne Audouin dans le seul foyer d'hébergement pour mineurs délinquants à Paris.

Ce sont des lieux habituellement fermés aux regards extérieurs : centre éducatifs fermés, foyers d'hébergement, accueil de jour. Ils accueillent les mineurs délinquants qui ne sont pas incarcérés, c'est-à-dire la majorité. Actuellement, on compte 738 mineurs incarcérés en France. Sur une année, les juges sont saisis de 66.000 mineurs délinquants .

138.000 jeunes suivis chaque année par la PJJ

Pour célébrer les 70 ans de l'éducation surveillée, mise en place dans la foulée de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, la Protection judiciaire de la jeunesse, ou "PJJ", qui suit chaque année 138.000 jeunes a ouvert exceptionnellement ses portes lundi . Avec pour objectif de montrer aux professionnels (agents de l'état, élus, avocats...) et à la presse comment ces lieux fonctionnent au quotidien. Corinne Audouin a poussé les portes du seul foyer d'hébergement pour mineurs délinquants à Paris; qui abrite des jeunes de 13 à 18 ans....

L’exemple du foyer Salomon de Caus , le dernier dans la capitale

Le long d'un square, en plein coeur de Paris, le foyer Salomon de Caus jouxte un hôtel 4 étoiles. De l'extérieur, rien ne laisse deviner qu'habitent ici douze garçons et filles. "Nous sommes le dernier foyer à Paris. Nous sommes un foyer ouvert: nos jeunes vont à l’école et en formation et rentrent le soir", explique Nicolas Frétel, le directeur de l'établissement de placement éducatif (EPE) dont dépend le foyer.

Tous ont été placés sur ordonnance d’un juge. Sabrina (le prénom a été changé) a 17 ans, elle a été interpellée à Orly dans le cadre d'une affaire de stupéfiants il y a deux semaines, elle arrivait de Guyane. "Tout se passe bien...Je suis bien ici. Mais je suis inquiète pour ma famille. Ma grand-mère est malade… Je voulais repartir mais… je ne sais pas trop…", explique-t-elle. En attendant la décision du juge, Sabrina apprend à cuisiner.

Nous sommes faces à des adolescents qui cherchent les limites et qui tentent en permanence de vérifier que nous sommes fiables et solides…

Ici, les horaires sont stricts, le dîner est à 19 heures, le coucher à 23 heures. Ce qui ne va pas sans difficultés, avoue Nicolas Frétel : "c’est quand même beaucoup de contraintes et de frustrations. En permanence, les jeunes veulent quelque chose et on leur dit non. Il ne faut pas se le cacher : il y a des violences, des tensions, des insultes. Nous sommes faces à des adolescents qui cherchent les limites et qui tentent en permanence de vérifier que nous sommes fiables et solides…", explique le directeur. En moyenne les mineurs restent quatre mois. Un temps court, mais qui suffit pour certains à reprendre leur vie en main.Une loi pour réformer la justice des mineurs, portée par Christiane Taubira, sera examinée au Parlement avant l'été prochain.

Le reportage de Corinne Audouin au foyer Salomon de Caus :

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