éric breteau et émilie lelouch de l'arche de zoé remis en liberté
éric breteau et émilie lelouch de l'arche de zoé remis en liberté © reuters

Palais de justice de Paris, peu avant 9h. Eric Breteau et Emilie Lelouch s'engouffrent dans la salle sans un mot pour la presse. Le logisticien Alain Péligat arrive en souriant, longs cheveux blonds en broussaille sur une marinière, "j'ai oublié mon bonnet rouge".

Tous trois ont été condamnés le 22 novembre 2011 (trois ans de prison dont deux fermes pour les deux premiers, six mois avec sursis pour Alain Péligat) pour avoir tenté de faire entrer en France, pour adoption, 103 enfants présentés à tort comme des orphelins du Darfour.

Avant d'entrer dans le rappel des faits, la cour fait une petite mise au point. "Pourquoi avez-vous boycotté la première audience?" demande le président, qui rappelle que la présidente du tribunal correctionnel avait été "un peu fâchée", c'est un euphémisme, ce qui avait motivé le mandat de dépôt lors du prononcé du jugement, et avait valu à Eric Breteau et Emilie Lelouch deux mois d'incarcération supplémentaires. "J'estimais à l'époque que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies répond Eric Breteau, l'instruction était à charge, nous avons été condamnés sur la base de rumeurs infondées. Aujourd'hui je veux démontrer mon innocence et celle de mon équipe"."Ce n'était pas forcément de l'irrespect pour la justice ajoute Emilie Lelouch (...) L'année dernière j'étais trop en colère".

L'avocat général rappelle à Eric Breteau ses propos passés, y compris dans des lettres interceptées depuis la prison ou sur le site internet de l'arche de Zoé. "Tout en haut de vos critiques il y a les journalistes, et ensuite les juges", lance Etienne Madrange, "vous parlez de magistrats inféodés au pouvoir politique, on bafoue l'honneur de nos collègues... comment abordez-vous ce procès je me pose des questions ?"."J'espère être entendu... Je considère que cette cour est indépendante" lui concède Eric Breteau, dont on sent qu'il se force un peu. "dont acte" fait l'avocat général. Les trois prévenus demandent leur relaxe.

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