Eric Woerth
Eric Woerth © Francois Lafite/Wostok Press/Maxppp

Le parquet de Bordeaux a requis vendredi un non-lieu au bénéfice d'Eric Woerth et de Patrice de Maistre, mis en examen pour trafics d'influence passif et actif dans l'enquête sur la fortune de Liliane Bettencourt. L'ancien gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal est mis en cause pour avoir embauché en 2007 l'épouse d'Eric Woerth dans sa société de gestion de patrimoine. Le ministre UMP du Budget lui a personnellement remis la Légion d'honneur l'année suivante, et les juges soupçonnent un échange puisque Patrice de Maistre était membre du club des donateurs fortunés de l'UMP, le "Premier cercle". "Le parquet estime que le lien de corrélation entre les deux faits - condition nécessaire à la caractérisation du délit - n'est pas formellement démontré", écrit vendredi le procureur de Bordeaux dans un communiqué. "Le parquet a remis, ce jour, son réquisitoire définitif afin que les susnommés soient admis au bénéfice de non-lieux", ajoute-t-il.

Pour le parquet, une partie de l'accusation ne tient pas la route. Les explications de Sara Ghibaudo.

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P Bettencourt

Le parquet juge par ailleurs que l'action d'Eric Woerth dans la mise à disposition, en 2009, d'une parcelle de l'Etat pour la réalisation d'un auditorium financé par Liliane Bettencourt, "n'encourt aucun reproche". Cette mise à disposition avait été décidée par un arrêté signé par celui qui était alors ministre du Budget. La décision finale de renvoyer ou non devant un tribunal les deux hommes reviendra toutefois aux juges en charge de l'instruction.

"Le bon sens triomphera"

Tout en disant attendre la position des juges, l'avocat d'Eric Woerth a salué vendredi une "bonne nouvelle". "Nous disions depuis maintenant plusieurs années que cette suspicion et ces hypothèses ne reposaient sur rien, je suis évidemment heureux que le parquet de Bordeaux partage cette analyse qui me paraît évidente", a déclaré Me Jean-Yves Le Borgne sur i> télé. "Je ne doute pas qu'un jour ou l'autre, le bon sens triomphera, et qu'on s'apercevra que rien ne pouvait être reproché à Eric Woerth dans ce contexte", a-t-il ajouté. Outre sa mise en examen pour trafic d'influence passif, son client a été mis en examen pour le "recel" de 150.000 euros dans un autre volet de l'affaire Bettencourt. Cette somme lui aurait été remise par Patrice de Maistre. Me Jacqueline Laffont, l'une des avocates de Patrice de Maistre, s'est également dite "très satisfaite" de ce réquisitoire. "Nous avions déposé une demande de non-lieu démontrant qu'il n'y avait pas le moindre indice d'un trafic d'influence et que cela n'était qu'une construction intellectuelle", a-t-elle dit à Reuters. "On attend maintenant la position des juges d'instruction et on pense qu'elle devrait suivre les réquisitions prises par le procureur de la République de Bordeaux." Dans son communiqué, le procureur de Bordeaux juge par ailleurs que les délits de financements illicites de campagne électorale et de parti politique, pour lesquels Eric Woerth et Patrice de Maistre n'ont pas été mis en examen, "ne ressortent nullement caractérisés", et rappelle que ces faits sont couverts par la prescription.

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