C'est en tout cas ce qu'affirme Mediapart, qui accuse l'ANSM d'avoir ignoré "une alerte cruciale sur l'essai clinique" avant de "masquer sa négligence". L'ANSM dément.

Locaux du laboratoire Biotrial à Rennes
Locaux du laboratoire Biotrial à Rennes © Maxppp / Thomas Bregardis

En janvier dernier, lors d'un essai clinique à Rennes, un volontaire de 49 ans était mort et quatre autres personnes gravement accidentées. En cause, la molécule du laboratoire portugais Bial, testée sur place par le laboratoire rennais Biotrial. Une information judiciaire contre X avait été ouverte par le parquet de Paris pour "homicide involontaire". Depuis, Mediapart assure que l'ANSM a mené "une entreprise de désinformationsystématique sur l'essai clinique", notamment en "édulcorant le rapport d'une enquête interne qui montrait qu'elle avait négligé une alerte cruciale au moment d'autoriser l'essai".

Faux, pour l'ANSM, qui rappelle de son côté "son engagement à ce que toute la lumière soit faite sur ce drame" et "dément catégoriquement avoir caché quelque information, document ou rapport, tant à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qu'aux autorités judiciaires". L'Igas avait d'ailleurs fini par mettre hors de cause l'ANSM, estimant que la faute incombait uniquement à Bial et Biotrial. Pour Mediapart, il manquait à l'Igas des éléments cruciaux pour rédiger son rapport en toute connaissance de cause, éléments "censurés" dans le rapport d'enquête interne transmis par l'ANSM.

En février dernier, Le Figaro révélait déjà des failles dans le déroulement de ce test, notamment la mort de plusieurs chiens lors d'essais sur animaux. Mais le centre de recherche avait ignoré ces décès, rappelant que lors de ces tests les animaux "peuvent recevoir jusqu'à 100 fois la dose administrée ensuite à des humains". Et que selon le rapport sur ces essais, les animaux restaient tolérants à des doses 70 fois plus élevées que celles utilisées dans les essais sur des humains. L'ANSM était alors sur la même ligne.

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