les tensions entre manuel valls et christiane taubira, menace pour la cohésion gouvernementale
les tensions entre manuel valls et christiane taubira, menace pour la cohésion gouvernementale © reuters

C'est la fin de "l'affichage et du laxisme", pour Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre, Manuel Valls, Christiane Taubira et François Hollande semblent finalement tombés d'accord sur la future réforme pénale. Et notamment la "peine de probation".

Après les échanges assassins des dernières semaines, il était grand temps de crever l'abcès entre les ministres de l'Intérieur et de la Justice. François Hollande et Jean-Marc Ayrault s'y sont employés ce matin, visiblement (ou en tout cas officiellement) avec succès.

Jean-Marc Ayrault s'est exprimé à la sortie pour affirmer que le gouvernement s'apprête à mettre fin à la "politique de l'affichage et du laxisme", symptomatique selon lui du précédent quinquennat.

Mais y'a-t-il un gagnant et un perdant après cet échange ? Réponse avec Nathalie Hernandez.

Éviter la prison autant que possible

Sur le contenu, Christiane Taubira a au moins gagné sur un point : la création de la peine de probation. François Hollande l'a annoncé dans le Monde : "la loi introduira, pour certains délits, une peine nouvelle, que nous appellerons la contrainte pénale, permettant le contrôle du condamné sans incarcération". Cette peine de probation devrait se substituer à l'incarcération pour les personnes condamnées à des peines inférieures ou égales à cinq ans de prison.

Un projet laxiste ? Non, pour Christiane Taubira, toujours aussi convaincue par son action contre la récidive.

Le texte s'appellera d'ailleurs "projet de loi de lutte contre la récidive".

"Mon seul objectif, c'est la sécurité de nos concitoyens. Et l'efficacité de la réponse pénale", rappelle de son côté François Hollande. "Aujourd'hui, les prisons n'ont jamais été aussi pleines. Et trop de peines ne sont pas exécutées, ce qui est insupportable pour les victimes"

Le président a également confirmé la suppression prochaine des "peines plancher", introduites en 2007 par Nicolas Sarkozy. Plusieurs mesures doivent aussi permettre d'éviter les "sorties sèches de prison, sans accompagnement, ni suivi, ni surveillance".

Du côté des policiers, on réclame surtout une meilleure exécution des peines. Jean-Marc Bayeul, secrétaire général du SNOP (syndicat majoritaire chez les officiers) était l'invité d'Angélique Bouin.

Désormais désamorcé... au niveau gouvernemental, le projet de réforme pénale sera examiné fin septembre ou début octobre au conseil des ministres.

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