Hommages devant la salle du Bataclan après les attentats
Hommages devant la salle du Bataclan après les attentats © Radio France / Olivier Bénis

Selon Europol, l'office de police criminelle intergouvernemental, il est probable que l'Europe et la France en particulier soient "à nouveau" victime d'une "attaque terroriste" sur leur sol. Mais de son côté, le Conseil de l'Europe s'inquiète lui de la prolongation de l'état d'urgence.

L'Europe n'est ni rassurée par les provocations de l'organisation État islamique, ni convaincue par l'opportunité des mesures prises par la France après les précédents attentats. Pour Europol, non seulement la menace liée à des "éléments isolés" n'a pas diminué, mais celle d'actions menées ou inspirées par les djihadistes est elle aussi élevée.

► ► ► DOCUMENT | Lire le communiqué d'Europol sur leur site (version anglaise)

Son directeur Rob Wainwright assure qu'il faut se préparer à d'autres attaques de ce type.

Il y a tout lieu de s'attendre à ce que l'EI, des terroristes inspirés par l'EI ou quelque autre groupe terroriste d'obédience religieuse commettent de nouveau une attaque terroriste quelque part en Europe, en particulier en France , destinée à faire de nombreuses victimes parmi la population civile.

Un avertissement qui n'est pas nouveau mais qui démontre une inquiétude constance, Pierre Bénazet

En marge du lancement du nouveau Centre européen de contre-terrorisme au sein d'Europol, les responsables de la sécurité dans les pays d'Europe se disent préoccupés par "la volonté et la capacité [de l'organisation EI] de mener à bien de nouvelles attaques en Europe".

La France fait-elle fausse route ?

Dans ces conditions, toute la question est de savoir comment les pays européens et notamment la France doivent se préparer à ce type d'opérations. Depuis les attentats du 13 novembre, l'état d'urgence est en vigueur dans le pays, mais la nouvelle prolongation annoncée de trois mois de cet état d'exception fait grincer des dents au niveau européen.

Le Conseil de l'Europe (chargé notamment de la défense des droits de l'Homme) se dit ainsi inquiet des possibilités de dérives liées à un tel système, et a proposé son assistance juridique à François Hollande. Son secrétaire général Thorbjørn Jagland pointe les "risques pouvant résulter des prérogatives conférées à l'exécutif" . Il s'inquiète aussi de certaines réformes constitutionnelles et pénales à venir, notamment "les dispositions concernant l'usage des armes à feu par les forces de l'ordre et les restrictions à la liberté d'aller et venir" , comme les assignations à résidence.

La France avait déjà, fin novembre, informé l'organisation de dérogations provisoires à la convention européenne des droits de l'homme. Pour éviter d'éventuelles condamnations devant la Cour européenne des droits de l'homme, Paris est invitée à faire de nouveau cette démarche, pas forcément idéale en termes d'image...

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