INFO FRANCE INTER I Quatre personnes soupçonnées d’escroquerie aux coordonnées bancaires ont été interpellées mardi 1er décembre en Région parisienne. Elles auraient fait plus d’une centaine de victimes, pour un préjudice estimé à 815.000 euros en se faisant passer pour des policiers.

Les escrocs ciblaient les femmes d'un certain âge habitant des quartiesr choisis de la capitale
Les escrocs ciblaient les femmes d'un certain âge habitant des quartiesr choisis de la capitale © Getty / Kirill Vasikev / EyeEm

Ne pas donner ses coordonnées bancaires par téléphone. Le conseil est connu. Mais, lorsqu’un homme se disant policier vous appelle pour vous signaler un problème sur votre compte en banque, avant de vous passer un banquier… ne serait-on pas tenté, dans le doute, de communiquer ces informations confidentielles ? Selon les informations de France Inter, quatre personnes ont été interpellées mardi en Région parisienne, soupçonnées d’avoir ainsi abusé de la naïveté de leurs interlocuteurs. Selon les premiers éléments de l’enquête, menée par la Direction territoriale de sûreté de proximité de Paris (DTSP 75), la technique, visiblement bien rodée, a fait au moins 105 victimes en avril et mai derniers, pour un préjudice estimé, à ce stade, à 815.000 euros. 

Quartiers aisés et prénoms anciens

Tout porte à croire que les victimes étaient choisies dans l’annuaire en fonction de leur prénom, sonnant comme celui d’une personne plutôt âgée, associé à un nom contenant, de préférence, une particule, et un lieu de résidence considéré comme aisé, à savoir le VIIIe, XVIe ou XVIIe arrondissement de la capitale. Les personnes prises pour cibles sont alors appelées par un homme se faisant passer pour policier et qui emploie le vocabulaire propre à la police. Ce-dernier prévient la victime d’un soi-disant problème sur son compte en banque, avant de lui passer un autre interlocuteur, plus au fait, selon l’escroc, des affaires bancaires. S’ensuit une musique d’attente digne de celles utilisées en commissariat, avant qu’intervienne un complice, faux banquier, dont le bagout et le vocabulaire, propre à la banque, amènent les victimes à confier leurs coordonnées bancaires. Il suffit ensuite pour les escrocs présumés d’aller se servir dans les comptes en question.

Identification des suspects

Le réseau semble avoir fait preuve de la plus grande prudence et méticulosité dans la préparation de son scénario, allant jusqu’à utiliser des puces de téléphones à très courte durée de validité. La suite semble moins anticipée : l’argent ainsi obtenu est rapidement dépensé, des commandes sont passées via Internet, le flux financier suivi par les services enquêteurs…. et deux premiers suspects identifiés lorsqu’ils vont retirer les marchandises. Placés sous surveillance, les deux hommes mènent à deux autres complices. Des articles de luxes, des montres, de l’or, de nombreux téléphones, des appareils électroniques, du cannabis et 20.000 euros en liquide ont également été trouvés lors de l’interpellation des quatre suspects.

Placés en garde à vue le mardi 1er décembre, ces quatre suspects ont été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée et blanchiment en bande organisée". Trois d'entre eux ont été placés en détention provisoire, le quatrième a été placé sous contrôle judiciaire. 

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