Le ministère de la Justice
Le ministère de la Justice © CC EisenPhotoVideo

L’État est souvent mauvais payeur on le sait. De quoi décourager les experts psychiatres et psychologues qui travaillent pour la justice.

Leurs représentants s'alarment aujourd'hui de la dégradation de leur situation : des honoraires qui n'ont pas été revalorisés depuis quinze ans et qui sont souvent versés un, deux ou trois ans après le travail réalisé.

Cerner la personnalité d'un criminel, apprécier le traumatisme ou la crédibilité d'une victime. Pour Alain Dumez c'est en moyenne une dizaine d'heures de travail, payé 173 euros, quand il est payé témoigne le président de la compagnie nationale des experts psychologues.

Alain Dumez

Il m’arrive très souvent d’aller déposer devant une Cour d’assises sans que mon rapport –remis deux ou trois avant- me soit payé. Chaque année trois ou quatre expertises ne me sont pas payées et sont atteintes par la prescription quadriennale, comme on dit.

Et même si Alain Dumez y trouve un intérêt intellectuel, ce psychologue fait de moins en moins d'expertises judiciaires lassé de réclamer son dû et des contraintes administratives qui augmentent.

Les juges doivent parfois s'armer de patience pour trouver un expert qui répond. Ce que déplore Claire d'Urso, présidente de l'association française des magistrats instructeurs.

Claire d'Urso

On a du mal à en trouver. Les bons experts sont débordés et on a une difficulté de renouvellement des experts au vu de la qualité qu’on demande et du fait des payements avec retard et très faible, les vocations "tombent".

Les représentants des experts psychologues et psychiatres affirment avoir écrit au ministère de la justice sans réponse.

Le ministère de la justice se dit conscient du problème, et mise sur un nouveau logiciel, actuellement en test, pour payer plus vite.

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