Fabienne Kabou s’est levée dans le box. Femme soignée, les cheveux relevés en chignon, chemisier blanc et gilet noir.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Dongni Hou / ESA

Son phrasé est précis, sa parole lente et réfléchie, parfois entrecoupée de pleurs. Dans la main gauche, Fabienne Kabou tient un mouchoir qu’elle utilise régulièrement.

D’une voix douce, elle évoque ses années de détention - depuis son interpellation en novembre 2013 : “des années plus calmes et plus apaisées que les précédentes”.

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L’avocat général, Luc Frémiot s’interroge : “qu’entendez-vous par là?”

“Les deux années qui ont précédé la mort de ma fille ont été les pires de ma vie. Je fais allusion à mon état mental ou psychologique … je ne sais pas très bien comment l’appeler”, explique Fabienne Kabou.

Luc Frémiot, avocat général au procès de Fabienne Kabou
Luc Frémiot, avocat général au procès de Fabienne Kabou © Radio France / Dongni Hou / ESA

Puis, il est question de son père, cet homme en costume gris, cet ancien traducteur-interprète pour l’Onu, cheveux et bouc grisonnants et petites lunettes. Etienne Kabou est assis dans la salle, sur le banc des parties civiles. Mais sa fille ne lui jette pas un regard. Tournée vers le jury d’assises qui la juge jusqu’à vendredi, elle explique :

“Quand je suis venue en France. Je voulais surtout m'éloigner de mes parents. La situation familiale était quand même pesante, même si en apparence tout allait très bien.”

Ses réponses fusent, sa voix s’est durcie. Fabienne Kabou devient cinglante. Au sujet des autres enfants - adoptifs - de son père : “je ne les connais toujours pas peut-être parce que mon père n’a pas jugé bon de me les présenter”.

La présidente du jury au procès de Fabienne Kabou
La présidente du jury au procès de Fabienne Kabou © Radio France / Dongni Hou / ESA

Les parents de Fabienne Kabou se sont séparés lorsqu’elle avait trois ans, elle se dit “élevée comme une enfant unique” : “c’est l’instruction qui m’apprend que mon père s’est installé en France, qu’il est à la retraite. Je n’ai pas vu mon père depuis 12 ans.”

Elle conclut finalement, d’une voix radoucie : “je ne pense pas avoir été désirée par mes parents. Ce n’est pas ce que j’ai compris. Mais j’ai été attendue et choyée.”

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