Pas de doute. Le psychiatre Daniel Zagury est formel : Fabienne Kabou est malade. Elle ment, certes, mais elle est avant tout malade.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Dongni Hou / ESA

“Il faut appeler un chat un chat et un délire un délire” ose-t-il à la barre. “Fabienne Kabou délire du début à la fin. Elle décrit la sensation de ne pas être seule dans son corps.”

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Bref, Fabienne Kabou est paranoïaque, avec un délire de persécution. Et la sorcellerie n’est qu’un des moyens qu’elle emploie pour le communiquer. “La sorcellerie c’est l’éclairage culturel du délire. Si on nie le délire, on va hypertrophier le rôle de la sorcellerie”, explique ainsi Daniel Zagury. Et selon lui, ne tenir compte que des mensonges de l’accusée ou de la piste de la sorcellerie qu’elle invoque, c’est “passer à côté d’un cas historique”.

Le psychiatre Daniel Zagury à la barre
Le psychiatre Daniel Zagury à la barre © Radio France / Juliette Ducloy / ESA

Alors, pour éviter à la cour d’assises cet écueil, le psychiatre insiste. Décrit les symptômes, “cet ensemble de signes” : Fabienne Kabou qui voit Adelaïde dans sa cellule de prison, qui se dit entourée par des femmes jalouses et malveillantes : l’épouse et la fille de Michel, sa belle-mère, ses tantes … Bref, un “tableau psychiatrique franc”, qui permet aux psychiatres de conclure à l’altération du discernement de Fabienne Kabou au moment des faits, une circonstance atténuante en droit qui, si elle est retenue, ramène la peine de perpétuité qu’elle encourt aux maximum à 30 ans de réclusion.

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Mais quoi qu’en décident les jurés demain, le diagnostic semble déjà avoir convaincu l’accusée elle-même. “Ce matin, dans la geôle du palais de justice, Fabienne Kabou m’a dit “ok, j’ai compris, je suis malade”, explique son avocat, Me Fabienne Roy-Nansion.

Et Daniel Zagury de répondre : “tant mieux … mais il y a encore du chemin.”

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