Fabienne Kabou est une femme difficile à défendre. Parce que ce dont elle est accusée, un infanticide, fait partie de ces crimes qui émeuvent plus encore.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Mais aussi parce qu’elle se dessert elle-même. D’abord, il y a son phrasé, “une façon de parler qu’on entend rarement en garde à vue”, souligne à la barre l’un des enquêteurs en charge de l’affaire. C’est vrai. Fabienne Kabou use d’un vocabulaire très riche, de phrases précises, bien construites. Souvent trop.

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A tel point que Fabienne Kabou donne l’impression d’être étrangère à ce qu’elle raconte quand elle livre son récit des faits : “à l’hôtel, je joue avec elle. Elle a mangé un peu, elle s’est assoupie. Et puis, je descends sur la plage. Je l’allaite, je l’endors, je la dépose sur le sable. Devant sa non-réaction, son silence, je m’enfuis.”

"Est-ce que vous avez-vu la mer venir sur votre fille ?", interroge la présidente. “J’ai compris qu’elle était sur ma fille à mes bottes enfoncées dans l’eau.”

Alors, son avocate, Me Fabienne Roy-Nansion tente de jouer les décodeuses : “cela fait deux ans, six mois et vingt jours que vous êtes incarcérée, vous avez passé beaucoup de temps à réfléchir, à analyser?” “J’ai essayé de me mettre à distance pour essayer de comprendre ce que j’avais fait", répond l’accusée. De quoi permettre aux jurés de comprendre, un peu, l’attitude de Fabienne Kabou à l’audience.

La présidente de la cour d'assises au procès de Fabienne Kabou
La présidente de la cour d'assises au procès de Fabienne Kabou © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Mais dans une salle d’assises, une phrase chasse l’autre. En l’occurrence, souvent au détriment de Fabienne Kabou. Hier, elle lâchait “je ne voudrais pas jeter le bébé avec l’eau du bain …” et faisait grincer des dents la salle d’audience.  Aujourd’hui, la présidente l'interroge : "vous répondez parfois avec humour à une question très grave. Vous dites par exemple au juge d'instruction :"j'aurais pu congeler mon bébé, c'était à la mode". Vous vous rendez compte de l'impact que ça a ?" "C’est une façon de me donner du courage", répond calmement la jeune femme.

Peu de temps avant, la même Fabienne Kabou a laissé tout le monde atterré en qualifiant son meurtre “d’acte grotesque, ridicule. On ne pourrait même pas en rire”.

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