A première vue, Fabienne Kabou est une très belle femme, très soignée. Son vocabulaire extrêmement riche et choisi témoigne d’une grande culture.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Devant la cour d’assises, Fabienne Kabou déroule un raisonnement impeccable. Mais si elle en maîtrise en apparence tous les codes, Fabienne Kabou n’évolue pas dans le même monde que nous. « Elle n’est pas dans notre réel à nous. Elle est dans son réel à elle. Et on n’a pas forcément les clés », explique Maroussia Wilquin, expert psychiatre à la barre.

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Car pour cette psychiatre, experte depuis dix ans auprès des tribunaux, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : l’accusée souffre de « trouble délirant chronique, paranoïaque ». Soit une psychose dont les traits principaux sont le délire de persécution et la jalousie. Une psychose que Fabienne Kabou est incapable d’admettre, toute supérieurement intelligente soit-elle car les « paranoïaques sont incapables de se reconnaître malades », explique Maroussia Wilquin. D’autant que le processus était vraisemblablement enclenché, avant même la conception de la petite Adélaïde.

Et rien n’a pu l’arrêter. Car, au moment où Fabienne Kabou se rend sur la plage, y allaite sa fille avant de la déposer sur le sable, à quelques mètres de la marée montante, « le réel n’est pas suffisamment fort pour faire irruption dans son délire ».

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Alors Fabienne tue. Elle commet l’infanticide car, à ce moment là, « son discernement est altéré dans une très très large mesure », diagnostique le docteur Maroussia Wilquin. Elle insiste même « on était sur le fil du rasoir par rapport à une abolition totale du discernement ».

Un diagnostic d’abolition aurait probablement conduit à une déclaration d’irresponsabilité pénale de l’accusée. L’altération, elle, permet un procès devant une cour d’assises. Comme celle qui juge Fabienne Kabou depuis lundi.

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