Sa parole est attendue. Quand il s’avance à la barre, Michel Lafon est précédé par les nombreux témoignages qui ont résonné avant lui dans la salle d’assises de Saint-Omer.

Michel Lafon, ancien compagnon de Fabienne Kabou, à la barre
Michel Lafon, ancien compagnon de Fabienne Kabou, à la barre © Radio France / Dongni Hou/ESA

Des témoignages dans lesquels il a été beaucoup question de l’accusée, Fabienne. Mais aussi, en creux, de Michel lui-même.

Car la petite Adélaïde, abandonnée par Fabienne Kabou à la marée montante ce soir de novembre sur la plage de Berck-sur-mer, était aussi sa fille. Pas officiellement puisque la fillette n’a jamais été déclarée à l’état civil mais “un enfant qu’on a tous les deux adoré”, témoigne Michel à la barre.

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Cet homme de “70 ans, sans domicile” comme il se présente lui-même à la barre a rencontré Fabienne Kabou en 2001. Malgré, “la différence culturelle” - lui est français, elle sénégalaise; malgré la “différence de génération - 31 ans les séparent, “c’était une histoire d’amour”, déclare Michel. “Une histoire qui a mal tourné. Pourquoi? Je ne sais pas.”

Le couple, certes, est peu conventionnel. “Dès le départ, elle m’avait dit que si elle me sentait largué, trop vieux, elle me quitterait. Donc, j’étais toujours dans l’idée qu’elle allait me quitter.

Pourtant, en 2007, Fabienne s’installe dans l’atelier d’artiste de Michel, devenu sculpteur amateur depuis qu’il est à la retraite. “En principe, l’accord était “trois ans”. Elle reprenait ses études pour pouvoir avoir un poste et enseigner. C’était l’accord que nous avions fait.

Un accord qui, finalement, se poursuit. Après 2010, Fabienne reste à l’atelier. Elle travaille sur sa thèse de philosophie. Du moins, Michel en est persuadé : “c’était son occupation principale. Pour moi, elle allait très régulièrement à la fac, je l’ai accompagné deux ou trois fois. Elle travaillait sur son ordinateur, me parlait de son professeur, elle m’a montré certains de ses écrits”.

Ce n’est qu’après que Michel Lafon apprendra qu’en réalité Fabienne Kabou n’a pas validé plus qu’un Deug de philosophie. Plus tard. Après la mort de leur fille.

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