Ce lundi, l'ancien garde du corps de l'Elysée Alexandre Benalla devait répondre aux questions de la commission d'enquête sénatoriale chargée d'étudier les conditions d'attribution des passeports diplomatiques dont il a été bénéficiaire. Mais il a refusé de répondre à toute question sur ce sujet.

Alexandre Benalla, au Sénat ce lundi
Alexandre Benalla, au Sénat ce lundi © AFP / Alain Jocard

"Je ne répondrai pas à ces questions devant votre commission" : ce lundi, Alexandre Benalla a refusé catégoriquement de répondre aux interrogations des sénateurs de la commission d'enquête chargée d'éclairer les conditions d'attribution des passeports diplomatiques dont il a bénéficié. S'il s'est dit "désolé" de ne pas pouvoir répondre à ces questions, Alexandre Benalla a expliqué qu'il refusait de s'exprimer car "_les conditions d'attribution, de détention de d'obtention_, ainsi que de restitution de ce passeport concerne l'instruction en cours". 

"Dès lors que vous êtes mis en cause par la justice, toutes les déclarations que je peux faire devant vous sous serment peuvent être retenues contre moi par la justice ultérieurement". 

L'audition s'est alors transformée en passe d'armes entre Alexandre Benalla d'un côté, et, face à lui, Philippe Bas, président LR de la commission, et Jean-Pierre Sueur, rapporteur (PS). "Vous êtes obligé de répondre", a indiqué Philippe Bas. "Je respecte le cadre qui m'a été conseillé par mon avocate de ne pas faire d'auto-incrimination", a expliqué Alexandre Benalla, mis en examen une nouvelle fois vendredi pour l'utilisation présumée abusive de ces passeports diplomatiques, après qu'il a été licencié de l'Élysée. 

Ces questions "concernent le fonctionnement de l'État et non pas des fautes que vous auriez pu commettre et elles ne sont donc pas reliées à cette information judiciaire", a insisté Philippe Bas. Réponse immédiate d'Alexandre Benalla : "Contrairement à ce que vous affirmez, la justice s'intéresse aux conditions de délivrance, d'obtention de l'ensemble des passeports". "Ces passeports ont été délivrés normalement", a-t-il simplement lâché, ajoutant "Ce n'était pas normal d'utiliser ces passeports, je l'ai fait et j'en assume les responsabilités devant vous et devant la justice".

"Je suis persévérant et vous, vous êtes obstiné" (Philippe Bas)

Le face à face s'est poursuivi quand le président de la commission a rappelé que "la personne qui refuse de déposer devant une commission d'enquête est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende", face à Alexandre Benalla qui assurait "faire un choix qui est celui conseillé par mes avocats"

Si ses déplacements à l'étranger n'avaient "aucun rapport" avec ses activités passées à l'Élysée, assure-t-il, le dialogue de sourds a également porté sur les activités de l'ancien garde du corps après son licenciement. "Le fait que vous ne répondiez pas engendre le soupçon", a prévenu Jean-Pierre Sueur. 

Alexandre Benalla a toutefois affirmé qu'il "ne détient aucun secret sur qui que ce soit. Je ne fais aucun chantage. J'essaie d'expliquer un certain nombre de dysfonctionnements (...) mais il ne faut pas en déduire que tout ça est dû (...) à un secret que je détiendrais", assure-t-il, réfutant ainsi avoir été protégé par l'Élysée. Une question, assure la commission d'enquête, "pas totalement résolue".

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