Devant les députés ce lundi soir, Christophe Castaner a assumé la défaite symbolique de la défense de l'Arc de Triomphe. La doctrine française du maintien de l'ordre "n'est plus adaptée" a-t-il admis, promettant des forces plus nombreuses et bien plus mobiles en cas d'acte IV des "gilets jaunes".

Audition du ministre de l’intérieur Christophe Castaner par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, en présence du Préfet de Police Michel Delpuech et du Secrétaire d'Etat Laurent Nunez
Audition du ministre de l’intérieur Christophe Castaner par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, en présence du Préfet de Police Michel Delpuech et du Secrétaire d'Etat Laurent Nunez © Maxppp / IP3 / Alexis Sciard

Le ministre de l'Intérieur s'est retrouvé face aux députés de la commission des lois lundi soir. Il a assumé ce que plusieurs députés ont qualifié "d'échec", la défense de l'Arc de Triomphe, malgré la présence de deux forces police et gendarmes. 

"Elles ont perdu le site, elles l'ont reconquis six fois, dans une journée de combat, parce qu'il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce qui s'est passé." Le ministre a répété ce qu'il avait dit aux forces de l'ordre qui tenaient le monument national : "J'ai utilisé ces mots en leur disant que ce n'était surement pas politiquement correct mais 'en vous écartant vous avez sauvé des vies'. Jamais comme ministre de l'Intérieur, et tant que je le serai, je n'accepterai l'idée que pour sauver un bâtiment, même avec la puissance symbolique de l'Arc de Triomphe un policier meurt."

Remise en cause radicale du maintien de l'ordre à la française 

Pour Christophe Castaner et son secrétaire d'État Laurent Nuñez, si ça n'avait pas été l'Arc de Triomphe, ceux qui venaient pour casser auraient de toute façon attaqué ailleurs :"Ils voulaient s'en prendre à un symbole et il y en a d'autres à Paris et évidemment ils auraient déplacé leur attaque." 

Il faut donc, selon le ministre, réviser tous les dispositifs de maintien de l'ordre : "Oui, il faut revoir la doctrine qui n'est plus adaptée." Mais le renseignement est également visé.

L'objectif étant, dès la fin de semaine, de se doter de forces bien plus mobiles dans la capitale et sur l'ensemble des territoires "parce que ce que l'on peut craindre demain comme ça a été le cas la semaine dernière , c'est une multiplication des lieux". 

Mobilisation de forces spéciales du ministère de l'Intérieur ?

Sans aller jusqu'au déclenchement de l'État d'urgence, qui ne serait pas d'actualité, le gouvernement pourrait donc massivement déployer dès samedi les forces les plus mobiles du pays. 

Au-delà des brigades anti-criminalité et leurs équivalents chez les gendarmes (PSIG Sabre), déjà en partie sur le terrain samedi dernier, l'Intérieur pourrait faire appel aux brigades de recherche et d'intervention de la police judiciaire, les unités de RAID et celle du GIGN. 

Samedi soir, 40 agents de la BRI parisienne avaient été mobilisées, ils ont interpellé une douzaine de casseurs et pillards.

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