La Contrôleure générale des lieux de privations de liberté, Adeline Hazan, rend ce matin un rapport très critique sur la question.

Adeline Hazan
Adeline Hazan © Maxppp / François Lafite

Les équipes  d' Adeline Hazan ont visité les cinq "Unités dédiées" ouvertes depuis six mois dans trois établissements d'Ile de France et à Lille. But de ces "Unités" : évaluer et prendre en charge les détenus incarcérés pour des faits en lien avec le terrorisme islamiste. On estime qu'un millier de français se sont rendus sur les zones de combat en Irak et en Syrie. Entre ceux qui sont rentrés, ceux qui avaient pour projet de partir, et ceux qui en ont aidé d'autres, il y a environ 200 détenus dans les prisons françaises, prévenus et condamnés, en lien avec le terrorisme djihadiste.

L'administration pénitentiaire est donc confrontée à un phénomène sans précédent, qui va continuer d'augmenter au rythme des retours. Selon le rapport d'enquête de la Contrôleure des prisons, regrouper ces détenus présente plus de risques que d'avantages.

Les équipes du contrôleur ont rencontré 61 détenus, sur les 64 actuellement placés dans ces unités dédiées. Ce qui ressort de leur enquête, c'est une grande méfiance.

Méfiance des juges d'instruction, pour qui ces regroupements risquent de renforcer les réseaux. Méfiance des détenus, à qui on n'a pas demandé leur avis avant d'être placés dans ces unités d'une vingtaine de places. La plupart apprécient l'encellulement individuel, les bonnes relations avec les surveillants, mais expriment un sentiment de discrimination.

On est isolés comme si on était des virus...

"Je crains l'étiquette de terroriste et le regard du juge", dit un autre.

Est ce trop tôt pour juger ? C'est ce que disent les responsables de l'unité dédiée d'Osny, où la prise en charge mélange des cours d'alphabétisation, de géopolitque, des ateliers d'écriture; pour briser la méfiance des détenus, et permettre le travail sur soi. Dans cette matière complexe, ils demandent du temps, pour mettre au point "ce qui pourrait être un modèle français" disent ils.

Sans nier cette complexité, la Contrôleure des prisons ne cache pas son scepticisme sur la méthode employée.

► ► ► DOCUMENT | Lire le rapport complet  sur le site du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (PDF)

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