C'est un grain de sable dans l'organisation parfaitement huilée des cérémonies du 11 novembre : peu avant 11H, dimanche, une militante Femen a réussi à approcher le cortège du président américain, qui remontait les Champs-Elysées.

Les trois militantes ont fait irruption sur les Champs
Les trois militantes ont fait irruption sur les Champs © AFP / Geoffroy VAN DER HASSELT

L'opération était, sans conteste, bien préparée. Deux heures avant le début de la cérémonie, une jeune femme est repérée au milieu du pool restreint de photographes et cameramen accrédités pour suivre la cérémonie. Ils sont une poignée seulement à avoir accès à la "zone rouge", au plus près de la tribune au pied de l'Arc de Triomphe, où prendront place les chefs d'état. 

Les journalistes s'en rendent rapidement compte : munie d'un vieil appareil argentique, visiblement peu habituée à l'exercice, la jeune femme porte une accréditation au nom d'une photographe, que ses confrères connaissent bien. "Sans notre vigilance, elle aurait pu accéder au milieu de l'Arc de triomphe, en pleine cérémonie", souligne Ludovic Marin, photographe à l'AFP et responsable du comité de liaison de la presse présidentielle. L'Elysée est prévenue, la police intervient pour un contrôle, la jeune femme est alors conduite hors de la "zone rouge".

Usurpation d'identité

Selon nos informations, la militante avait réussi à se faire accréditer en présentant un récépissé de perte de papiers, établi au nom de la photographe dont elle a usurpé l'identité. Or, un peu plus tard, c'est la même jeune femme qui enjambe les barrières des Champs-Elysées, cette fois depuis la zone accessible au public. 

Pendant que deux autres militantes se font interpeller - possiblement pour créer une diversion - elle parvient au milieu de l'avenue, tout près de la voiture officielle du président Trump. Le torse nu recouvert de l'inscription "Fake Peacemakers" ("faux pacificateurs") la militante protestait contre la venue de plusieurs chefs d'État. Bras levés au ciel, elle fait ainsi irruption en direct sur les écrans, avant d'être rapidement arrêtée. 

La jeune femme avait été fouillée

Les trois jeunes femmes ont été placées en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte pour "exhibition sexuelle, entrave à la circulation, usurpation d'identité et de titre, et faux documents" a indiqué hier soir le ministère de l'intérieur.

Pour accéder à la zone presse au pied de l'Arc de triomphe, comme sur les Champs-Elysées, la jeune femme avait été fouillée: un individu armé n'aurait pas pu passer, assure-t-on. "Impossible, à moins de la déshabiller, de deviner qu'il s'agissait d'une Femen", s'agace une source policière. 

La sécurité du cortège n'aurait donc, à aucun moment, été menacée. Mais l'incident soulève deux questions : comment une accréditation a-t-elle pu être délivrée, pour un événement aussi sécurisé, sur la base d'un faux document ? Et pourquoi les forces de l'ordre, qui avaient exfiltré la jeune femme de la zone réservée à la presse, l'ont ils ensuite laissée repartir librement ?

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